Belgique Les camionneurs des pays de l’Est représentent plus de 20 % du trafic.

Entrée en vigueur en avril 2016, la taxe kilométrique a rapporté quelque 676 millions d’euros en 2017. C’est la Flandre (424,4 millions) qui se taille la plus grosse part du gâteau. En Wallonie, la Sofico a vu ses caisses se garnir de 241,5 millions tandis que Bruxelles n’a récolté que 10,1 millions.

En l’espace de bientôt deux ans, on en sait désormais aussi un peu plus sur la nature des camions qui circulent sur nos routes et sur la nationalité des transporteurs. Ainsi, alors que Viapass avait imposé quatre langues pour les équipements (distributeurs automatiques d’On Boards Units), Satellic a décidé d’en rajouter quatre nouvelles, pour correspondre à la réalité du terrain. Néerlandais, français, anglais, allemand étaient les langues de base, désormais complétées par le polonais, le russe, le roumain et l’espagnol. Il s’agit pour Satellic de refléter la réalité du marché du transport dans notre pays et d’offrir un service adapté aux utilisateurs.

"En effet, les distributeurs sont majoritairement utilisés par des chauffeurs et non des managers de flotte et leurs connaissances linguistiques n’incluent pas toujours l’une des quatre langues officielles du pays, ni même l’anglais", pointe Satellic. "En ajoutant le polonais et le roumain, nous nous adressons directement à une grande partie de chauffeurs utilisant nos routes. Quant au russe, il est destiné aux chauffeurs venant de l’Europe de l’Est où le russe est encore souvent la seconde langue (Lituanie, République tchèque, etc.). L’espagnol répond quant à lui aux besoins des camionneurs venant du sud de l’Europe, où il est largement compris."

Précisément, sur nos routes, moins d’un camion sur deux est immatriculé en Belgique (46 %). Derrière, on retrouve les Néerlandais (10,7 %), suivis des Polonais (9,2 %) et des Roumains (6 %).

Et, visiblement, les chauffeurs polonais sont ceux qui effectuent le plus de kilomètres sur nos routes. Alors que les Belges ne représentent que 21 % des recettes collectées l’an dernier, les Polonais ont contribué à hauteur de 15 %. Les Néerlandais et les Allemands représentent quant à eux 10 % des recettes, devant les Français (6 %), les Roumains et les Espagnols, tous deux à 5 %.

On observe aussi que les transporteurs tentent de faire circuler de plus en plus de camions moins polluants. Ainsi, alors qu’il n’y avait que 29,3 % de véhicules répondant à la norme Euro 6 lors du lancement de la taxe kilométrique en avril 2016, ils représentaient 45,73 % du parc sur l’ensemble de l’année 2017. On notera cependant que les efforts ne sont pas constants car fin 2016, les camions Euro 6 représentaient plus de 50 % des véhicules circulant sur nos routes. Sans surprise, ce sont bien les poids lourds qui sont les plus nombreux, les plus de 32 tonnes générant 87,72 % du trafic.

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