Belgique Les statistiques des demandes d'asile sont en forte baisse: moins de 2.000 demandes par mois

BRUXELLES Début octobre, à une date tenue secrète, se déroulera une gigantesque opération de contrôle aux frontières d'Europe associant 30 pays. Baptisée High impact ( grand impact), elle verra les policiers belges effectuer des contrôles en Pologne, Roumanie et Slovaquie.
`Dans le cadre de la présidence belge, explique Antoine Duquesne, j'espère aboutir à un accord commun sur des questions essentielles. Peut-on remplacer partout l'aide financière par une aide matérielle aux demandeurs d'asile comme on l'a fait en Belgique? Jusqu'où autoriser le regroupement familial? Offrir un seul recours aux candidats déboutés suffit-il? Adopter une position commune sur ces questions casserait l'effet d'appel causé par les mafias vantant à l'étranger le laxisme en matière d'asile de certains Etats.´

Vous espérez donc fédérer autour d'un durcissement de ton?
`La tolérance zéro n'a rien d'un concept politique effrayant. Et une certaine forme de répression ne m'empêche pas de dormir. Vous savez, je vais chez le coiffeur et je m'achète des godasses comme tout le monde. A ces moments-là, les citoyens me parlent et je ne les entends pas me demander le contraire de ce que je dis´

Et en Belgique, où en est la réforme de l'asile?
`Depuis qu'on a décidé de ne plus donner d'argent et d'accélérer les procédures, elle s'est nettement améliorée. On est passé de 4 à 6.000 demandes mensuelles à environ 1.600 ou 1.700. Même durant les vacances, on est resté en dessous des 2.000 demandes par mois. Preuve que notre analyse était exacte.´

Et en matière d'éloignement?
`En 2000, on en a réalisé 11.000. Cette année, on en est déjà à 9.000 pour le premier semestre. Fin d'année, on sera à 20.000.´

Mais la réforme globale de l'asile, elle, n'a pas encore été votée
`Le projet approuvé par le gouvernement a été envoyé au Conseil d'Etat, qui a formulé certaines critiques. On a déjà trouvé un accord sur 50% d'entre elles. Pas sur le reste, je le conteste, parce que certains veulent déséquilibrer le projet initial sur lequel nous avions un accord.´

Dans quel sens?
`Dans celui de l'allongement des procédures, notamment sur les possibilités de recours juridictionnels. Je ne suis pas d'accord. Plus les choses vont durer, plus ce sera difficile de maintenir notre volonté de fermeté qui, comme les statistiques que j'évoquais le montrent, est en train de payer.´

A tel point que certains, comme le SP et le VLD semblent se dire que, finalement, il n'y a plus besoin de réforme puisque ça s'améliore, non?
`Oui, mais je ne partage pas ce sentiment. La réforme poursuit un but: faire en sorte que les personnes se trouvant vraiment dans les conditions pour obtenir l'asile politique chez nous obtiennent tous les droits. Et que les autres, qui constituent l'immense majorité des demandes, soient écartés plus vite.´

Le compromis n'est donc pas pour demain
`Il n'est pas urgentissime d'aboutir à un accord. La situation s'est améliorée depuis l'an passé. Il est donc préférable de se donner le temps de la réflexion et d'envisager tout cela sereinement.´