Belgique 12.080 s’étaient retrouvés en fin de droits en Wallonie en début d’année.

Willy Borsus (MR), ministre de l’Intégration, l’avait affirmé : "l’afflux massif des chômeurs dans les CPAS n’a pas eu lieu" . Mais les conclusions des Centres publics d’action sociale wallons sont en désaccord avec le ministre. Selon eux, 27,8 % des chômeurs en fin de droits sont venus sonner à leur porte pour le mois de janvier. Cela représente 3.361 personnes.

"Il ne faut jamais minimiser l’afflux comme a pu le faire le ministre. La situation est catastrophique pour de nombreuses familles. Imaginez-vous perdre du jour au lendemain la moitié de vos revenus. C’est toute une vie qui bascule", déplore Malvina Govaert, Directrice général de la Fédération des CPAS de Wallonie.

Le ciel ne risque d’ailleurs pas de s’éclaircir dans les mois qui viennent. "Si cela est vrai que les vannes n’ont pas été ouvertes et que nous n’avons pas été submergés par les demandes d’un coup, le robinet a bien été ouvert. Nous recevons les gens au compte-gouttes. Beaucoup vont se rendre compte de la gravité de la situation dans quelques mois, quand ils n’auront plus de ressources", poursuit Mme Govaert.

Ces derniers font pour le moment partie des 72,2 % de chômeurs en fin de droits qui n’ont pas encore fait appel à l’aide sociale. Si certains sont, selon la directrice, encore en déni et préfèrent vivre sur leurs économies, d’autres hésitent encore à passer le cap. "Les CPAS ont encore une très mauvaise image auprès de la population. Du coup, les gens ont honte de venir demander de l’aide. Cela peut être très dommageable et conduire à l’endettement des familles ou même à l’expulsion de leurs logements. Certains pourraient même être tentés de se lancer dans une économie parallèle", conclut Malvina Govaert.

Les CPAS en ont aussi profité pour demander au gouvernement une aide plus substantielle dans leur politique d’insertion sociale et professionnelle.