Belgique

L’Institut pour un développement durable (IDD) publie une étude sur l’évolution de l’emploi salarié en Belgique de 2008 à 2012, période qui a connu cette si sévère crise économique. En voici les principaux enseignements.

Emploi global. Malgré la crise, l’emploi global a augmenté, même si c’est de très peu entre 2011 et 2012. La population active ayant augmenté plus vite que l’emploi, le chômage a lui aussi augmenté. Au total, le taux d’emploi a très légèrement régressé et le taux d’activité est resté stable.

Par secteur. L’agriculture continue à perdre des emplois. L’industrie a souffert très fort de la crise : -56.000 entre 2008 et 2012; l’hémorragie d’emplois a été contenue entre 2011 et 2012. La construction s’en sort plutôt bien. "C’est uniquement grâce aux secteurs d’activités abondamment voire totalement financés par l’État (titres-services, santé et social, notamment dans le secteur des maisons de repos et les hôpitaux, l’enseignement…) que l’emploi global augmente. D’une manière générale, ces évolutions récentes ne laissent pas augurer d’une remontée très forte de l’emploi dans les deux ou trois années à venir", explique Philippe Defeyt, auteur de l’étude.

Temps partiel. On constate une augmentation de l’emploi à temps partiel, qui concerne désormais près de la moitié des salariés (46 % exactement). "On observera aussi, par ailleurs, la poursuite de la féminisation de l’emploi. L’augmentation de la proportion de femmes est particulièrement marquée pour les 50 ans et plus."

Chez les jeunes. Un recul sévère de l’emploi des moins de 25 ans (pratiquement -10 % entre 2008 et 2012). Une augmentation très importante de l’emploi des plus de 50 ans. "Attention : cette forte augmentation s’explique essentiellement par le vieillissement de personnes qui sont (déjà) à l’emploi", explique encore Philippe Defeyt.

Une conclusion s’impose avec force pour notre interlocuteur. "Les moins de 40 ans et plus encore les moins de 25 ans voient leur taux d’emploi et leur taux d’activité reculer. Le premier reculant plus que le second, le taux de chômage de ces deux catégories d’âge augmente fort (surtout pour les moins de 25 ans), alors qu’il augmente très peu pour les 40 ans et plus. Il baisse même entre 2011 et 2012 pour les 50-64 ans."