Belgique

La Wallonie présente son nouveau plan d’investissement sur cinq ans.

Willy Borsus (MR) avait le sourire ce mercredi au Palais de l’Élysette, entouré des membres de son gouvernement. Le ministre-Président wallon présentait le plan d’investissement wallon dont ils venaient d’accoucher. " Un plan ambitieux ", martèle-t-il en guise de mantra. "Il s’agit d’être offensif dans des domaines prioritaires, et d’investir en priorité dans nos infrastructures. Depuis plus de trente ans, la Belgique est l’un des pays de la zone euro où l’investissement public a été le plus faible."

Au menu figure un investissement de 5 milliards d’euros, dispatché sur cinq ans (2019-2014), avec des montants croissants à mesure qu’on se rapproche de l’échéance. L’effort est réparti sur 31 gros projets à plus de 10 millions € chacun.

Trois dossiers prioritaires ont été mis en avant. Primo, la recherche, l’innovation et le numérique. "Nous allons mettre en place une plate-forme technologique d’excellence en Wallonie", lance Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre de l’Économie.

Secundo, la mobilité dite douce. L’objectif avoué est d’augmenter considérablement le recours des Wallons au bus, mais aussi au vélo. "Nous allons créer un ensemble d’unités multimodales d’échange où on passe du vélo, au bus, à la voiture, au train. Ces unités seront placées à proximité des gares, à la sortie d’autoroutes, ou près de zones économiques de fortes activités", ajoute le ministre Carlo Di Antonio (CDH), qui prévoit un budget de 530 millions € pour ce dossier. Des pistes cyclables et infrastructures cyclistes seront mises en place.

Tertio, l’énergie. Jean-Luc Crucke, ministre de l’Énergie, annonce notamment 100 millions € d’investissement pour étendre les réseaux de transports et distribution de gaz dans les zones d’activités économiques qui ne sont pas, ou mal, desservies.

En résumé, il s’agit d’un coup de pouce pour y faire baisser le coût de l’énergie.

D’autres gros dossiers ont été présentés. Alda Greoli (CDH) a dévoilé notamment la création prochaine de 3.364 places de crèches, pour un budget de 48 millions €. Mais aussi la volonté de créer 1.150 nouvelles places dans les maisons de repos et de soins entre 2022 et 2024, pour 23 millions €.

De son côté, Valérie De Bue (MR) a sorti de sa manche une enveloppe de 755 millions € pour une réforme d’envergure du logement, avec de la construction et de la rénovation de logements sociaux, et une amélioration de leurs performances énergétiques. Les secteurs des aéroports, de l’action spéciale, ou des bâtiments publics sont également concernés.

Willy Borsus prévoit, en outre, pour une grande partie des 5 milliards, de travailler avec des partenariats public-privé. Le Famennois insiste : ce projet ne remet pas en cause l’arrivée à l’équilibre budgétaire, prévu pour 2020. On sait que des contraintes européennes très strictes existent à cet égard.

Espérons également, en cas de non-reconduction de cette majorité, que l’effort initié soit poursuivi par le prochain gouvernement.

Afin que tout ceci n’ait pas été qu’un coup dans l’eau.