Belgique

Jeunes tués sur les routes : la Belgique est le troisième plus mauvais élève en Europe


BRUXELLES Dans un pays comme la Suède, chaque jeune âgé entre 18 et 24 ans qui reçoit son permis peut rouler librement sur les routes durant six mois – environ 5.000 km – avant de se voir accompagner par un conducteur chevronné pour lui inculquer “la conduite responsable” et une forme de “maturité au volant”, nous explique Isabelle Norro, porte-parole de Touring. En Belgique, nous sommes loin, très loin de ce type d’accompagnement. Et cela transparaît dans les chiffres d’un dernier rapport de la Commission européenne que nous avons pu nous procurer.

Ainsi, avec 141 décès en 2011, soit 13 jeunes de 18 à 24 ans tués sur les routes par million d’habitants, la Belgique est le troisième plus mauvais élève en Europe (!), juste derrière la Pologne (718 décès, soit 19 morts sur un million d’habitants) et la Grèce (163 décès, soit 15 morts par an).

Les meilleures places sont occupées par la Suède, avec seulement trois morts par million d’habitants. Elle est suivie par Malte et l’Espagne, et les Pays-Bas, qui sont tous deux ex aequo avec cinq tués par million d’habitants. “L’Espagne a fait d’énormes efforts en termes de campagnes de prévention et arrive à un très bon résultat…”

Mais face aux résultats “inquiétants” de la Belgique, Touring appelle à revoir la formation des jeunes conducteurs. “Chez nous, quand le jeune conducteur a obtenu son permis, il est lâché sur les routes sans aucun accompagnement. Certains, une fois au volant, veulent en mettre plein la vue, boivent et ne se rendent pas compte de leur vitesse.”

Voilà pourquoi, étant donné qu’en 2011 “l’État a vu arriver dans ses caisses un record de rentrées financières liées aux amendes pour infractions routières, soit 387 millions d’euros, nous demandons que 50 millions soient attribués à la conscientisation des jeunes et à leur formation”.

L’organisation plaide pour un durcissement des amendes pour conduite dangereuse et prône l’instauration d’un permis provisoire avec des restrictions en termes d’horaires et de nombre de passagers, et “une tolérance zéro pour la consommation d’alcool ou de drogue, comme c’est déjà le cas dans les pays scandinaves”, conclut Isabelle Norro. Où les jeunes n’osent même pas prendre le volant lorsqu’ils ont bu une goutte tellement ils craignent la répression…

© La Dernière Heure 2013