Belgique Le communiqué de presse est tombé ce mercredi 10 octobre. Mgr Kockerols, évêque auxiliaire pour Bruxelles, lance un appel pour que de jeunes hommes mariés puissent devenir prêtres.

Un tel appel, venant d'un évêque, est en soi un événement. Mais il ne tombe de surcroît pas au hasard de l'agenda. Mgr Kockerols est l'envoyé des évêques de Belgique au synode qui se tient pour l'instant à Rome sur les jeunes. Ce synode, on le sait, se déroule dans un climat de crise à la suite, notamment, des nombreux cas de pédophilie révélés ces dernières semaines aux États-Unis et en Allemagne.

Inévitablement, et même si aucun lien d'évidence n'est scientifiquement prouvé entre célibat et pédophilie, les observateurs s'attendaient à ce que cette question soit relancée. Ce synode, qui rassemble des jeunes et des évêques du monde entier, sera donc une chambre d'écho d'envergure aux propos de l'évêque de Bruxelles.

Pour argumenter son appel, Mgr Kockerols développe une réflexion autour de ce qu'est la "vocation". Le choix de la vie qu'est la vocation, explique-t-il, est pour le chrétien un "chemin de sainteté" puisqu'il consiste à "devenir disciple du Christ". Or cet appel peut amener la personne à vouloir servir l'Église en souhaitant devenir prêtre. "Je suis convaincu, conclut Mgr Kockerols, que certains jeunes, qui ont puisé dans la vocation baptismale leur appel à s’engager par les liens du mariage, répondraient volontiers « me voici » si l’Eglise devait les appeler au ministère presbytéral".

Le sens que l'Église donne au célibat des prêtres

Notons, et Mgr Kockerols le dit explicitement, qu’il ne s’agirait pas de permettre aux prêtres de se marier, mais bien d’ordonner - comme cela se fait en dans l’Église maronite par exemple - des jeunes hommes mariés.

Sur le plan historique, c’est lors du concile de Latran I au XIIe siècle que le célibat fut rendu obligatoire dans l’Église latine. Cette décision ne venait cependant pas de nulle part : le célibat était déjà largement pratiqué.

Les raisons qui l’expliquent sont multiples. Elles relèvent bien sûr de questionnements très concrets autour de l’héritage par exemple, mais les raisons fondamentales - avancées par l'Église - sont autres. Le célibat, qui n’est en rien un dogme se pratique par la volonté des prêtres de pouvoir se donner pleinement - "tout entier" dira le Concile Vatican II - à Dieu et aux hommes.

Cependant, note sur son site la Communauté Saint Martin qui accueille en France de nombreux séminaristes, "mettre en valeur l’argument de la totale disponibilité à la mission comme motif du célibat fait naître rapidement des objections. Des gens mariés pourront être très disponibles et des prêtres célibataires fort peu tant ils seront préoccupés d’eux-mêmes. Le vrai fondement du célibat est ailleurs." Il se trouve en réalité dans le fait que le prêtre montre qu’il "ne craint pas de sacrifier les joies du mariage et de la famille dans le but de témoigner de sa foi" et d’amener les hommes vers Dieu. Il devient "l’homme pour les autres", "disponible", "sans cœur partagé". "Cette manière d’aimer dans et par le célibat est le langage du don de soi." En ce sens, le célibat n’est pas vu par l’Église comme une loi mais comme un don. Il "est l’expression, le signe, la conséquence du désir de se donner".

Comme en témoigne l'appel de Mgr Kockerols, rien n'empêche cependant que la réflexion soit relancée: la discipline du célibat n'est pas un dogme ni une règle immuable.