Belgique

Le parlement wallon a approuvé mercredi à l'unanimité (moins l'abstention du PTB) la proposition de décret visant à interdire l'abattage des animaux sans étourdissement préalable au 1er juin 2018, en ménageant toutefois une dérogation jusqu'au 1er septembre 2019 pour l'abattage rituel. Le texte, initié par les députés Josy Arens (cdH) et Christine Defraigne (MR), a fait l'objet de pressions intenses sur les députés, tant de la part des défenseurs des animaux - comme l'organisation Gaia, partisane de l'interdiction -, que des représentants des cultes israélite et islamique, qui y sont opposés afin de préserver leurs rites.

Il ne s'agit pas de mettre fin aux abattages rituels, car la liberté religieuse est respectée à travers la proposition de décret, ont estimé M. Arens et Mme Defraigne. "Pourquoi ce qui est possible dans d'autres pays ne le serait-il pas chez nous?", a demandé Jean-Pierre Denis (PS), dont le parti co-signe cette "proposition de consensus" entre bien-être animal et liberté religieuse.

Dans une ultime tentative de freiner le dossier en ouvrant une nouvelle période de concertation, le Consistoire central israélite et l'Exécutif des musulmans de Belgique ont réitéré ces derniers jours leur demande au parlement wallon de solliciter l'avis du Conseil d'État sur le texte soumis au vote. Cette demande n'a pas abouti, aucun député ne l'ayant relayée en séance plénière.

Le décret fera sans doute l'objet de recours devant la Cour constitutionnelle, voire la Cour européenne des droits de l'homme. Un texte similaire sera bientôt débattu en Flandre, qui envisage une interdiction de l'abattage des ovins sans étourdissement au 1er janvier 2019.