Belgique

La présidente de la commission Infrastructure de la Chambre Karine Lalieux (PS) a suspendu les travaux de son assemblée après avoir acté l'absence des CEO de la SNCB et d'Infrabel, Sophie Dutordoir et Luc Lallemand. 

Ceux-ci ont reçu une lettre de l'Auditoriat du travail mardi soir les enjoignant de faire preuve d'un "devoir de réserve" alors que l'enquête relative à l'accident ferroviaire de Morlanwelz vient à peine de commencer. La commission devait se pencher sur l'état de la sécurité sur le rail belge après la mort de deux ouvriers d'Infrabel la semaine passée. Le ministre fédéral de la Mobilité François Bellot (MR) ainsi que des représentants syndicaux de la CGSP et de la CSC Services publics s'étaient également déplacés, tandis que le ministre Denis Ducarme, en charge du contrôle de la sécurité ferroviaire, était attendu vers 16h00.

A l'ouverture de la commission, le député Jean-Jacques Flahaut (MR) s'est étonné du courrier de l'Auditoriat du travail, dénonçant "des interférences judiciaires" dans les travaux du Parlement. "Pour avoir un vrai débat, il nous faut trois éléments: les ministres, les syndicats et les CEO de la SNCB et d'Infrabel", a-t-il fait valoir.

Il a été rejoint sur ce point par le député N-VA Wouter Raskin, qui a estimé que le débat n'aboutirait à rien si les administrateurs délégués des deux entreprises publiques n'étaient pas là pour apporter des réponses sur les aspects techniques.

Le représentant du sp.a David Geerts a confié son incompréhension, soulignant qu'une commission parlementaire est capable de "mener un débat sur un sujet délicat sans se mêler du secret de l'instruction". Il a pris en exemple la commission relative à l'accident de Buizingen à laquelle il a lui-même participé.

Après avoir pris le pouls des représentants syndicaux, qui ont également exprimé leur préférence pour un débat en présence de Mme Dutordoir et de M. Lallemand, Mme Lalieux a décidé de reporter le débat après avoir contacté l'Auditoriat du travail pour savoir ce que représentait exactement le devoir de réserve qu'il exige des CEO.

Un nouveau débat aura lieu avant les vacances de Noël ou, plus probablement, à la fin du mois de janvier ou au début du mois de février.