Aernoudt: “2,7 milliards pour Bruxelles!”

Interview > André Gilain Publié le - Mis à jour le

Belgique

Quinze jours qu’on n’avait plus entendu le PP. Son coprésident, Rudy Aernoudt, fait le point

BRUXELLES Si l’on n’a plus entendu le PP s’exprimer depuis deux semaines, cela n’empêche pas Rudy Aernoudt de faire le point sur la situation de son parti et de s’élever contre l’idée d’un élargissement de Bruxelles.

On n’a plus entendu votre parti, depuis la crise ouverte par Alexander De Croo...

“Sans doute devons-nous améliorer notre communication. Ceci dit, je suis persuadé que les gens ont bien compris ce qui s’est passé. Je peux cependant vous affirmer une chose : personnellement, cette crise me fait très mal !”

Les sondages ne sont pas bons, pour le PP…

“Il y a bien celui de Vers l’Avenir et de la société que j’appelle (Very) Dedicated Research qui nous donne moins de 1 %, mais Le Soir nous prédit 9 %, RTL 13 % et L’Écho 22 %. Mais, je vous le répète, nous devons améliorer notre communication. Enfin, une chose, si nous ne nous exprimons pas, c’est que nous collectons les signatures, indispensables au dépôt de nos listes. Nous pouvons encore rattraper le temps perdu.”

Il y en aura donc, des listes du PP ?

“Absolument !”

Et les trois défections de membres importants, la semaine dernière ?

“C’est de l’ordre du fait divers.”

Politiquement, un de vos chevaux de bataille personnels est l’élargissement de Bruxelles…

“Dans ce dossier, les francophones oublient que les Flamands sont, à la base, des agriculteurs qui tiennent à leurs terres. Ils ne sont pas prêts à céder 1 cm de celles-ci.”

Les francophones commencent à le comprendre…

“Ensuite, cet élargissement n’a pas de sens. Bruxelles représente 1 % du territoire de la Belgique, 10 % de la population, 20 % de la richesse et 30 % de l’impôt des sociétés. La richesse de Bruxelles n’est donc pas son territoire, mais son économie. Pourquoi dès lors se cantonner dans une guerre de frontières, alors que l’Europe se forme sur l’abolition de ces mêmes frontières ? Cela casse l’image de Bruxelles.”

Que proposez-vous ?

“Bruxelles ne doit pas être prise en otage, comme elle l’est, et il faut y imposer de la bonne gouvernance. En élargissant, par exemple, ses compétences – je songe à l’enseignement –, mais aussi la mobilité, la gestion de l’espace, la culture…”

Vous savez pourtant que la réflexion autour de l’élargissement vise à établir un lien territorial avec la Wallonie ?

“À l’heure où l’on crée l’Europe, ceci n’est plus d’actualité. Moi, je plaide pour le principe de Berlin : faire payer les gens là où ils travaillent. Bruxelles ne serait plus REfinancée, mais financée. Elle ne serait plus une mendiante. Le principe de Berlin lui rapporterait 2,7 milliards d’euros par an. Travaillons aussi sur l’image de Bruxelles.”

Cela figure-t-il dans le programme du PP ?

“Oui, mais pas l’élargissement.”



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