Belgique

La Chambre a voté jeudi en séance plénière une motion pure et simple à la suite des interpellations au secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken, sur la suspension des rapatriements de ressortissants soudanais.

Le Premier ministre Charles Michel (MR) avait repris à son compte devant la Chambre, avant les vacances, les explications de M. Francken (N-VA) sur la suspension de ces expulsions. Les rapatriements vers le Soudan étaient suspendus dans l'attente des résultats d'une enquête sur les témoignages de mauvais traitements, en principe à la fin janvier. Une annonce jugée "absurde" par M. Francken car aucun rapatriement n'était prévu d'ici là.

Le qualificatif d’absurde avait conduit M. Francken à présenter ses excuses. Il était en outre apparu qu'un rapatriement avait été annulé. Le secrétaire d'Etat avait tu ce fait pour éviter de créer "un appel d'air" vers la Belgique.

Pour l'opposition, il s'agit ni plus, ni moins d'un mensonge. Les socialistes, le cdH et DéFI ont réclamé la démission de M. Francken. "Vous devez restaurer votre autorité sur ce gouvernement", a souligné Georges Dallemagne (cdH).

Les écologistes ont quant à eux appelé le Premier ministre à "prendre ses responsabilités".

La N-VA a déposé de son côté une motion pure et simple, soit une motion sans contenu politique qui demande à la Chambre de revenir à son ordre du jour. Le texte a été voté majorité contre opposition, sauf le PP qui a l'a soutenu. "La presse et l'opposition vous font un mauvais procès", a affirmé Aldo Carcaci.


Charles Michel convoque Theo Francken pour un entretien

Le Premier ministre, Charles Michel, a convoqué le secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken, vendredi matin pour un entretien à propos de sa communication, a-t-on confirmé jeudi à bonne source. Cet entretien suit plusieurs semaines de vive polémique sur la politique migratoire du gouvernement et plus particulièrement le rapatriement de ressortissants soudanais.

La Chambre a débattu de ce sujet jeudi en séance plénière. Les discussions devraient se clore par le vote de motions en séance plénière ce jeudi en fin d'après-midi. Un problème d'application du règlement s'est toutefois posé à propos de la motion pure et simple de la majorité. La séance a été suspendue pour permettre la réunion de la conférence des présidents.


Charles Michel rend coup pour coup

Le premier ministre n’a pas été épargné par l’opposition au sujet du rapatriement des Soudanais. L’Open VLD s’est joint au mouvement.

L’opposition n’en pouvait plus d’attendre que la rentrée parlementaire arrive. Depuis quelques semaines, celle-ci n’avait qu’une idée en tête: tacler le premier ministre Charles Michel (MR) sur son positionnement quant au comportement de Theo Francken dans le dossier Soudanais. Pour rappel, il est reproché au Secrétaire d’État d’avoir mis en danger des migrants du Parc Maximilien en les faisant identifier par une délégation Soudanaise, avant de les rapatrier dans leur pays où, d’après certains témoignages, ils auraient subi des tortures.

Olivier Maingain (Défi) ouvrait le bal, déclarant que “Le secrétaire d’Etat Theo Francken a démontré tout son mépris pour les institutions et tenu à votre égard des propos qu’aucun premier ministre n’aurait pu tolérer sans exiger sa démission”. Benoit Hellings lui a succédé, allant plus loin en clamant “Dans la Suédoise, vous êtes l’otage de la N-VA et vous souffrez du syndrome de Stockholm”.

Les interventions se sont suivies, allant toutes dans le même sens. Mais la suite du débat s’est révélée plus douloureuse encore pour le premier ministre. Celui-ci a d’abord eu l’occasion de répondre, et a avancé trois arguments principaux. Le premier étant de citer la politique d’immigration des autres pays d’Europe qui n’est, selon lui, en aucun cas divergente de la nôtre. Et d’ajouter “J’entends les leçons de morale et de conscience, mais personne ne me dicte ma conscience à ce sujet”. Ensuite, Charles Michel a appelé à la nuance “dans des matières aussi sensibles”. Enfin, il a défendu une fois de plus la politique menée en promettant de se montrer “inflexible dans une politique qui protège les frontières européennes et qui empêchera une jungle de Calais bis”.

Totalement insuffisant pour l’opposition, qui a profité de cette dernière opportunité avant que le débat ne soit clos pour lancer de nouvelles salves, plus acides encore que les précédentes. “Cessez d’invoquer la lâcheté des autres pour tenter d’excuser la vôtre”, a ainsi lancé Olivier Maingain (Défi). Julie Fernandez (PS) est revenue elle aussi à la charge, demandant à Charles Michel “Où est votre responsabilité, où est votre dignité, où est le premier ministre?”. Et Georges Dallemagne (cdH) de conclure: “Vous avez choisi l’humiliation et l’indignité du gouvernement”.


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