Belgique

Mohamed Bakkali (30 ans) est l'une des deux personnes placées mardi sous mandat d'arrêt par le juge d'instruction dans le cadre de l'enquête sur l'attaque du Thalys, le 21 août 2015, précise le parquet fédéral. Les deux autres personnes qui avaient été interpellées à l'issue de six perquisitions lundi ont été remises en liberté après un interrogatoire approfondi. 

Deux Belges, Mohamed Bakkali et Youssef S. (31 ans), ont été inculpés de participation aux activités d'un groupe terroriste, le premier en qualité de dirigeant. Deux perquisitions avaient été menées lundi matin à Molenbeek-Saint-Jean, une à Anderlecht, une à Laeken, une à Andenne et une à Marche-en-Famenne à la demande du juge d'instruction de Bruxelles spécialisé en matière de terrorisme. Ni arme ni explosif n'avaient été découverts.

Mohamed Bakkali a déjà fait parler de lui pour des faits liés au terrorisme puisqu'il avait été interpellé le 26 novembre 2015 à Bruxelles à la suite des attentats commis à Paris en 2015. Dans ce dossier, il a été inculpé d'assassinats terroristes et de participation aux activités d'un groupe terroriste.

Le rôle de Mohamed Bakkali dans les attentats de Paris demeure peu clair pour l'instant. Une BMW qu'il louait aurait été aperçue à proximité de deux habitations où ont été préparées les attaques, à Charleroi et Auvelais. Sous une fausse identité, il aurait également loué un appartement à Schaerbeek où ont été retrouvées des empreintes de Salah Abdeslam. Enfin, les enquêteurs avaient découvert à son domicile une vidéo témoignant de l'espionnage d'un responsable d'un site nucléaire de Mol.

Mohamed Bakkali a aussi loué l'appartement de la rue Max Roos, à Schaerbeek, où les frères El Bakraoui ont séjourné avant les attentats de Bruxelles.

Le 21 août 2015, Ayoub El Khazzani, un Marocain monté dans le train à Bruxelles, avait ouvert le feu dans un Thalys peu après son entrée en France, armé d'une kalachnikov et de neuf chargeurs pleins.

Il avait blessé deux passagers avant d'être maîtrisé par des militaires américains en vacances, évitant un potentiel carnage trois mois avant l'équipée meurtrière des commandos du 13 novembre.

Longtemps silencieux, le tireur, incarcéré en France, a finalement avoué en décembre 2016 qu'il était monté dans ce train sur ordre du djihadiste Abdelhamid Abaaoud. Homme-clé des attentats du 13 novembre, ce dernier a été tué cinq jours plus tard dans un assaut policier à Saint-Denis, près de Paris.

Dans le volet français de l'enquête, un autre complice présumé d'Ayoub El Khazzani a été inculpé en avril dernier, puis écroué. Il s'agit de Bilal Chatra, soupçonné d'avoir joué un rôle d'éclaireur en donnant des indications à Abaaoud et El Khazzani pour s'infiltrer en Europe par la route des migrants, au retour de Syrie.