Belgique Les petites bombonnes de protoxyde d’azote font leur réapparition sur les trottoirs bruxellois. Facile d’accès, bon marché... Et dangereux pour les plus jeunes.

S’offrir un fou rire sur commande, c’est la nouvelle mode chez certains adolescents bruxellois. Comment : en inhalant une capsule contenant du protoxyde d’azote, tout simplement. Ces capsules s’achètent librement dans n’importe quelle grande surface correctement achalandée à un prix très attractif : entre 2,5 et 3 euros la capsule, moins cher encore via certains sites Internet.

Le phénomène n’est pas neuf, il ne concerne pas tous les jeunes Belges mais il semble avoir pris une ampleur certaine depuis un mois ou deux du côté de Schaerbeek, Saint-Gilles, Molenbeek ou Saint-Josse.“On en voit un peu partout à Molenbeek depuis un mois ou deux”, confie l’élu local Dirk De Block (PTB). “Sur une seule rue, on en a trouvé une petite cinquantaine.” Dans une vidéo diffusée son son profil FB, le PTB de Molenbeek y montre qu’on en trouve, en effet, un peu partout.

Même son de cloche du côté de Schaerbeek. “C’est un phénomène que nous connaissons”, commente Marc Weber, chef de cabinet du bourgmestre de la cité des Ânes. “On travaille dessus en faisant de la prévention via les éducateurs de rue, les gardiens de la paix mais aussi directement les parents dans les quartiers concernés. L’an passé, nous avons interpellé une personne qui avait 150-200 capsules dans sa voiture. Cela génère donc un trafic, un réseau.”

Pas de trafic à Saint-Josse-ten-Noode mais le problème est pris au sérieux. “J’entends parler de ces capsules, j’en vois traîner dans les rigoles depuis une année environ. Mais un employé du service jeunesse m’en a justement reparlé ce matin (hier, NDLR)”, relate la responsable du service prévention de la commune Christine Pauporté. “Il m’a prévenu qu’en ce moment, il voyait un peu plus de capsules que d’habitude sur le territoire communal.” D’après le constat de cet employé, ce sont des jeunes de 12-13 ans qui se shootent à la capsule hilarante.

À l’origine, ces capsules servent aux pâtissiers qui l’utilisent comme gaz propulseur pour leurs siphons. Le milieu médical en utilise aussi souvent pour ses propriétés anesthésiques. Ce gaz provoque d’autres effets, récréatifs sur le court terme mais néfastes sur le long terme ou pris à haute dose. “Le protide d’azote est un dépresseur du système nerveux central. Il génère une certaine euphorie, une sensation de rêve mais peut aussi provoquer des nausées, des vomissements, des paresthésies. Sur le long terme, il peut également toucher la moelle osseuse ou entraîner le développement d’anémies.”

Tout sauf anodin, donc.


© D.R.