Belgique Pendant plus de vingt-cinq ans, Arlette Vincent a été le visage et la voix du Jardin extraordinaire

BRUXELLES Pendant plus de vingt-cinq ans, Arlette Vincent a été le visage et la voix de ce qui est avec le journal télévisé, la plus ancienne émission télévisée de la RTBF: Le jardin extraordinaire. Au départ pourtant, rien ne la prédisposait à s'orienter vers le petit écran: «C'est vrai que j'ai atterri à la télévision par pur hasard. Je suis styliste de formation. J'avais appris qu'il y avait des examens qui étaient organisés, je les ai présentés et je les ai réussis. Pourtant, si je suis souvent associée au Jardin extraordinaire en particulier, j'ai commencé quelques années auparavant par être speakerine. J'ai également présenté les programmes de cinéma et j'ai travaillé à la radio aussi. Ce n'est qu'en 1964, que j'ai commencé Le jardin extraordinaire , tout en continuant la présentation des programmes. Et puis il y a eu Plein jeu, pendant trois ans...»

Durant sa carrière, Arlette Vincent a eu l'occasion d'être témoin de nombreux événement «J'ai vécu de grands moments; la première fois que l'on a diffusé une image par satellite, l'arrivée de la couleur... Le jardin extraordinaire fut d'ailleurs dans les années 70 la première émission diffusée en couleur...» Vingt ans plus tard, l'animatrice décidait d'arrêter là son aventure: «C'était une question de choix... La dernière émission s'est déroulée sans encombre. J'ai dit au revoir aux téléspectateurs avec dignité. C'était une chose décidée. Claudine Brasseur a pris la relève. Je lui ai passé mes outils de jardinage.» Aujourd'hui, Arlette continue de regarder ce qui fut son émission: «Je garde toujours un oeil attendri sur Le jardin. J'ai noué de très bons contacts avec Claudine et nous continuons de les entretenir.»

Quand Arlette Vincent fait le point sur sa carrière, elle n'éprouve pas le moindre regret. «J'ai vécu une merveilleuse aventure. Je ne veux plus aujourd'hui garder que les bons souvenirs. Ils concernent principalement des personnes avec lesquelles j'ai travaillé. Des ambiances de travail, des complicités, des amitiés qui se sont créées et qui sont toujours d'actualité. Mais si je ne devais avoir qu'un seul mauvais souvenir, ce serait certainement ma toute première présentation en tant que speakerine. Je devais dire: Mesdames, messieurs bonsoir. J'étais terriblement nerveuse.»

Aujourd'hui, Arlette Vincent coule des jours plus paisibles dans sa maison du Brabant Wallon où elle entretient son jardin et s'adonne à diverses activités... «Je suis une formation en dessin, en aquarelles et puis, je m'occupe de ma famille. Je n'étais pas très disponible à l'époque où je travaillais à la RTBF. Aujourd'hui, je rattrape le temps perdu.» La télévision ne lui manque pas: «J'ai fait mon temps. Il faut laisser la place aux autres. Je n'ai pas de besoin absolu de reconnaissance. Je n'éprouve pas l'envie de faire de l'antenne. Je suis très heureuse de mon parcours. Il s'est arrêté. D'autres prennent la relève et moi, je suis passée à autre chose...»

D'ailleurs, la télévision d'aujourd'hui ne lui conviendrait plus vraiment: «La télévision a changé. C'était autre chose à l'époque; elle était plus informante. Nous allions plus dans la profondeur des choses. Il y a des programmes que je n'aime pas regarder aujourd'hui, car il ne s'agit plus d'un outil d'apprentissage. On donne de la nourriture prédigérée au téléspectateur. J'ai d'ailleurs le sentiment qu'on ne traite plus le spectateur comme une personne mais plutôt comme un produit.»

Pour toutes ces années de bons et loyaux services, Arlette Vincent va recevoir un hommage... inattendu: "La Poste me fait l'honneur de mettre mon visage sur des timbres!» L. G.

© La Dernière Heure 2003