Belgique

L'abbé Armand Pirard s'est éteint lundi à 2h15 du matin chez les Petites Sœurs des Pauvres dans leur maison de la rue Haute à Bruxelles. 

Agé de 88 ans, c'est une figure importante de l'actualité religieuse de la RTB et de la RTBF qui rejoint ainsi nombre de pionniers des grandes et belles années de croissance de la télévision belge.

Ce prêtre du diocèse de Liège qui resta très attaché à sa paroisse de Francheville près de Stavelot - où il avait même fait venir la télé publique pour une messe de minuit à Noël! - avait cependant travaillé d'abord sur le grand reportage aux côtés de Raoul Goulard.

Dans les années 1960, il avait vu arriver bien avant d'autres l'essor de la vidéo et l'utilité de son usage à des fins pédagogiques et culturelles. Cela l'avait amené à créer le CTV sis à l'avenue des Nerviens aux abords du parc du Cinquantenaire à Bruxelles. Cette institution servit d'interface entre la production de reportages de société pas uniquement religieux du reste et leur diffusion sous forme de cassettes dans les écoles ou autres lieux s'adressant à la jeunesse mais aussi aux chrétiens en général. Il fut donc un des grands promoteurs des téléforums en Belgique francophone.

Dans le sillage de Jean Paul II…

Et toujours prêt à lancer de nouvelles initiatives qui insisteraient sur la place des médias modernes dans la diffusion de l'Evangile. Cela l'amena à assurer des cours au département de Communication sociale de l'UCL tout en devenant un pilier des messes télévisées où il était l'adjoint de l'abbé Zech. Il en assura moult homélies tout en s'investissant aussi dans la difusion de messes en Eurovision.

Armand Pirard fut en même temps le journaliste-religieux belge qui connut sans nul doute le mieux la dimension internationale du pape Jean-Paul II. Il assura en effet le reportage de nombre de ses voyages, y investissant sans limite. Et ce très vite après que Karol Wojtyla se soit installé sur le trône de Pierre. Très classique sur le plan doctrinal, l'abbé Pirard était très ouvert à toutes les innovations médiatiques. En ce sens, il avait bien traduit les conclusions du concile Vatican II en termes médiatiques!

"S'il fallait le caractériser par un mot" explique l'abbé Philippe Mawet qui avait pris le relais en 2006 aux messes radiotélévisées "c'est bien celui de fraternel… Armand l'était avec ses collègues mais aussi avec toutes les équipes de la RTBF qui appréciaient son compagnonnage et sa dimension très professionnelle".

Bien qu'atteint déjà par la maladie, l'abbé Pirard participa encore à diverses grandes cérémonies et à diverses conférences de presse, ces dernières années au siège de l'Eglise catholique à la rue Guimard. C'était l'occasion d'évoquer l'un ou l'autre souvenir de ses reportages. Une de nos dernières grandes rencontres se situa avant la béatification de Jean-Paul II.

Son attachement sans limités à son diocèse d'origine l'avait amené à fêter ses 60 ans de sacerdoce en 2011 à Liège mais ces dernières années, sa paroisse était celle de son successeur Philippe Mawet, curé de Saint-Alix qui lui a administré le sacrement des malades le jour de l'Assomption. Ce sera là qu'on célèbrera, probablement, ce samedi son A-Dieu…