Belgique 400 iront dans les gares internationales. Les autres iront gutter les recoins et arrêts encore vierges de surveillance

Tout comme l’aéroport de Zaventem, la SNCB va renforcer la sécurité et la surveillance à l’intérieur des murs de ses gares. Ainsi, dans le cadre du plan global antiterrorisme adopté par le gouvernement, l’entreprise publique va installer 1.000 caméras supplémentaires dans différentes gares du pays.

Certaines seront mises en place dans des arrêts qui sont encore dépourvus de ce genre d’installation et d’autres viendront se greffer à celles qui balaient déjà de la lentille les grandes gares du pays. "On va couvrir les zones non couvertes car les gares ont énormément de coins et recoins", confirme Nathalie Pierard, porte-parole de la SNCB. Entendez par là : les parkings à proximité des gares, les zones kiss&ride, les couloirs intra muros ou encore les parkings à vélo.

En tout, 400 caméras vont être placées dans les gares internationales. De plus, un upgrade des caméras du réseau SNCB - à ce jour, on en compte 3.800 - sera fait afin d’intégrer de nouvelles technologies. Objectif : améliorer leurs performances et leur capacité d’analyse.

La SNCB parle de deux nouveaux systèmes : le VCA (pour video content analysis), qui permet de lire les vidéos de manière intelligente. Par exemple, il peut détecter des dégagements de fumée mais aussi des éléments liés à la sécurité, comme les comportements suspects. Les caméras vont également bénéficier de la mise en place du système ANPR. Il s’agit d’un système de reconnaissance automatique de numéros de plaques minéralogiques. Cela permet de retracer les trajets de suspects en cavale dans le contexte de délits, d’agressions, hold-up, grand banditisme et terrorisme. "Chaque caméra a une finalité précise (observation, reconnaissance…). La qualité va de pair avec la finalité", poursuit Nathalie Pierard.

L’acquisition de ces nouvelles caméras entre dans le cadre du plan global anti-terrorisme. Sur les 400 millions libérés par le gouvernement pour l’exécution de ce plan, la SNCB a reçu une enveloppe d’environ 17 millions d’euros pour l’achat du matériel (les fameuses 1.000 caméras) et l’engagement du personnel nécessaire (95 agents Securail).


Les portiques seront opérationnels en 2017

Il y a près d’un an, le 22 août 2015, Ayoub El Khazzani montait en gare de Bruxelles-Midi à bord du Thalys Amsterdam-Paris . Muni d’un sac à dos et d’une valise à roulette, cet homme de 25 ans avait ouvert le feu avant d’être neutralisé par des passagers. Peu de temps après l’attaque, l’ex-ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR), avait promis d’installer des portiques de sécurité dans la gare du Midi. L’ex-ministre avait alors constaté que les gares belges n’étaient pas aussi bien préparées que d’autres gares européennes face à la menace terroriste. L’objectif était d’équiper 80 % des gares belges des dits portiques.

De son côté, le gouvernement français avait formulé la même promesse. Une parole tenue puisque, depuis le 20 décembre 2015, de telles installations sont opérationnelles sur les quais des trains Thalys dans la gare du Nord à Paris ainsi qu’en gare de Lille. Chaque dispositif est composé d’un portique pour le contrôle des voyageurs et un scanner à rayon X pour le contrôle des bagages.

Chez nous, près d’un an après les faits, il n’en est rien. La seule gare belge qui dispose de ces mesures de sécurité est celle de Zaventem. Cela dit, François Bellot (MR) n’a pas jeté l’éponge pour autant. En juin, en réponse à une question parlementaire du député Philippe Pivin (MR), il annonçait ainsi que "l’installation de portiques de sécurité est prévue dans les gares de Bruxelles-Midi, Anvers-Central et Liège-Guillemins".

Quand exactement ces portiques seront-ils donc installés ? Toujours en juin, le ministre Bellot avait mentionné "le second semestre 2016". "L’achat du matériel est en cours afin de prévoir début 2017 un dispositif de sécurité (unités de contrôle, portiques de détection métaux, scanner à main, télésurveillance, etc.) dans les grandes gares internationales", précise quant à elle Nathalie Pierard, porte-parole de la SNCB.


Pas de mesures spécifiques suite aux attaques au couteau

Suite aux différentes attaques au couteau qui ont touché des trains en Europe ces dernières semaines, la question de la sécurité des passagers face à ce type de menace se pose mais la SNCB n’a pas prévu de mesures particulières pour éviter ce genre d’événement. "Nous sommes en train d’analyser notre système de sécurité pour envisager des mesures à moyen terme mais pas à court terme et pas spécifiquement suite aux différentes attaques qui ont eu lieu dans des trains ces derniers temps. Nos mesures sont en fait les mêmes que celles qui sont prises dans les aéroports et dans les métros", explique Nathalie Pierard, la porte-parole de la SNCB.

La Société nationale des chemins de fer belges s’en tient simplement aux recommandations de l’Ocam et des services de sécurité. Depuis les attentats, il y a des réunions organisées avec les services de sécurité et la SNCB pour décider de mesures, comme la présence de militaires dans les gares.

Mais rien de nouveau suite aux attaques dans les trains pour des raisons financières. "Nous ne disposons pas de moyens suffisants pour renforcer ou augmenter les patrouilles, même si nous poursuivons une politique de recrutement des agents. On fonctionne donc avec notre personnel qui n’est pas armé et joue plutôt un rôle de prévention et de répression" .

La SNCB compte actuellement 606 agents de sécurité.