Belgique Il s’agit d’un Américain, Bruce D. Baldwin, 66 ans, dont la femme occupe une haute fonction à l’Otan.

Un mois exactement après les terribles attentats, la dernière victime a été identifiée. Il s’agit de Bruce D. Baldwin, 66 ans, habitant Saint Charles, dans le Missouri.

Cet ancien membre du personnel du ministère américain des Affaires étrangères avait travaillé dans plusieurs ambassades de son pays à travers le monde, aux côtés de son épouse, Virginia. "Son dossier était top secret parce que sa femme occupe une haute fonction à l’Otan", explique-t-on.

Le mardi 22 mars, Bruce Baldwin se trouvait dans la file au comptoir d’enregistrement d’American Airlines lorsque Najim Laachraoui, Ibrahim El Bakraoui et Mohamed Abrini pénètrent dans le hall d’entrée, peu avant 8 h.

Le récent retraité devait voyager seul ce matin-là, en direction de sa ville natale, Saint Louis, dans le Missouri.

Sa femme Virginia se trouvait déjà aux États-Unis. Mais l’homme n’atteindra jamais son avion. "Bruce se trouvait juste à côté d’un des kamikazes lorsque celui-ci s’est fait exploser", raconte-t-on de source proche de la famille. "Il n’avait pas l’ombre d’une chance".

Lorsque sa femme Virginia, sa soeur Susan et sa nièce Robin entendent parler des attentats, elles craignent aussitôt le pire.

Par l’intermédiaire de l’ambassade américaine et de leurs amis en Belgique, elles essaient de savoir si Bruce fait partie des victimes. Rapidement, leurs pires craintes deviennent réalité.

Dès cet instant, le dossier de l’Américain sera traité avec la plus grande discrétion. "Pour des raisons de sécurité."

Agée de 58 ans, la femme de Baldwin travaille en effet comme chef de l’administration de l’ambassadeur américain auprès de l’Otan à Bruxelles, Douglas Lute.

Un emploi qu’elle occupe depuis 2015. Auparavant, elle travaillait, comme son mari, à l’ambassade américaine d’Abou Dabi. "Quand nous avons appris fin mars que notre ancien collègue Bruce avait été identifié comme une des victimes des attentats, nous avons observé une minute de silence", réagit-on à l’ambassade américaine d’Abou Dabi. "Dans nos pensées, nous étions tous aux côtés de Virginia."

Avant que les Baldwin ne déménagent en 2008 pour l’émirat arabe, ils habitaient et travaillaient en Jordanie pour le compte du gouvernement américain mais personne ne veut dire quel job exerçait exactement Bruce. "Aucune des quatre victimes américaines ne font partie de notre personnel", réagit-on au service de presse de l’ambassade de Bruxelles. "Il s’agit de la vie privée de personnes au sujet desquelles nous ne pouvons et ne voulons donner aucune information."

Après l’identification de son époux, Virginia a décidé de faire incinérer la dépouille à Bruxelles.

Ensuite, l’urne a été rapatriée via une base militaire jusqu’aux États-Unis où un service funéraire a été organisée. "C’était un hommage en petit comité ou plusieurs représentants du gouvernement américain étaient présents", nous dit-on.

Durant la cérémonie , on a rappelé la jeunesse de Baldwin. "Tu as grandi à Harvester avec ta soeur Susan et ton frère Richard. Après tes études à la Ritenour High School, tu es allé au Kirksville College et tu es devenu sergent dans l’armée. Tu as servi ton pays pendant la guerre du Vietnam. Et ensuite, tu es parti à l’aventure, à travers l’Arizona, pour travailler comme guide dans un parc naturel près du Grand Canyon. C’est là que tu as rencontré Virginia, l’amour de ta vie."

Selon ses amis, Bruce Baldwin parlait volontiers de cette période en Arizona. "Des heures durant et de manière passionnée. Encore récemment, il servait de guide à ses amis mais plutôt à Bruxelles à travers ces innombrables estaminets avec toutes ces bières réputées. Nous nous souviendrons toujours de lui comme d’un homme intelligent et aimant rire. Sa photo traduit bien sa personnalité. C’est ainsi qu’était Bruce et c’est ainsi que nous nous rappellerons de lui."