Belgique

L'imam Abdelbaki Es Satty, suspecté d'être à l'origine de la radicalisation de plusieurs membres de la cellule djihadiste responsable des attentats de Barcelone et Cambrils, s'est rendu à plusieurs reprises en Belgique depuis 2015, rapporte le journal espagnol El Periodico.

D'après le quotidien catalan, Abdelbaki Es Satty a été l'imam d'une mosquée de Ripoll depuis 2015 jusqu'à il y a encore deux mois. "Durant cette période, il a voyagé à plusieurs reprises vers la Belgique", écrit le journal. L'article précise que l'hypothèse principale suivie par la police catalane est que l'homme, âgé de 42 ans, se trouve derrière la radicalisation très rapide d'un groupe de jeunes originaires de Ripoll, une petite localité paisible de 10.000 habitants en Catalogne.

L'information sur les voyages à répétition de l'imam en Belgique n'a pas pu être confirmée dans l'immédiat par le parquet fédéral. Sollicité à ce sujet par l'agence Belga, le parquet indique qu'il va collaborer activement avec les autorités espagnoles dans l'intérêt de l'enquête.

Selon la VRT, il y a effectivement des indices selon lesquels l'homme a séjourné par le passé à Vilvorde et à Diegem (Brabant flamand). Toutefois, il convient de prendre ces informations avec des pincettes car une source qui préfère ne pas être citée a déclaré à Belga qu'il pourrait s'agir d'une autre personne portant le même nom que l'imam.

El Periodico rapporte par ailleurs que le nom de l'imam est également apparu lors d'une perquisition en lien avec les attentats du 11 mars 2004 perpétrés à Madrid. Lors de cette opération de police dénommée 'Chacal' (Jakhals, en espagnol), des photocopies de documents appartenant à Abdelbaki Es Satty ont été retrouvés dans l'habitation d'un des principaux suspects, Mohamed Mrabet Fhasi. Cet homme a été condamné par le haut tribunal espagnol Audiencia Nacional pour le recrutement de terroristes. Ce jugement a cependant été annulé en appel.

L'Audience nationale espagnole a établi que Mohamed Mrabet Fhasi faisait partie d'une cellule opérant depuis la ville catalane de Santa Coloma de Gramenet, laquelle a aidé le terroriste présumé Mohamed Belhadj à se cacher après les attentats du 11 mars, écrit encore El Periodico. Mohamed Belhadj s'est ensuite enfui via la Belgique et les Pays-Bas pour finalement être arrêté en Syrie. Son frère Youssef a, à l'époque, été arrêté à Molenbeek.

Selon des sources policières, l'imam de Ripoll pourrait avoir été tué dans l'explosion d'Alcanar, survenue la veille de l'attaque à la camionnette-bélier sur les Ramblas. La police pense que les attentats en Catalogne ont été planifiés depuis cette habitation.

Toujours d'après certains médias espagnols, Abdelbaki As Satty avait déjà fait de la prison pour des délits mineurs. Selon El Pais et El Mundo, citant des sources de la lutte antiterroriste, il aurait rencontré en prison, dont il est sorti en janvier 2012, des détenus en lien avec les attentats islamistes de mars 2004 qui avaient causé la mort de 191 personnes dans des trains de banlieue à Madrid.


Le bourgmestre de Vilvorde confirme la présence de l'imam dans sa commune

L'imam de la petite ville espagnole de Rippol, qui est vraisemblablement impliqué dans les attentats de Barcelone et Cambrils, avait bien séjourné un moment à Vilvorde, a indiqué, dimanche à la VRT, le bourgmestre de Vilvorde Hans Bonte. Selon le bourgmestre, Abdelbaki Es Satty était vraisemblablement présent à Vilvorde de "janvier à mars l'an dernier". A la suite des attentats de Barcelone et de Cambrils, les enquêteurs veulent en savoir plus sur le rôle qu'aurait pu jouer Abdelbaki Es Satty, l'imam suspecté d'être à l'origine de la radicalisation de plusieurs membres de la cellule djihadiste responsable des attentats.

"Je peux confirmer qu'il était présent à Vilvorde de janvier à mars 2016", explique le bourgmestre de cette commune de la périphérie bruxelloise. L'information selon laquelle il aurait séjourné à Diegem n'a pas pu être confirmée ou infirmée par le bourgmestre de cette commune.

Le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Theo Francken a précisé dimanche sur Twitter que l'imam, connu sous le nom d'Adbelbaki Es Satty, n'était pas connu de l'Office des étrangers. "Il n'a donc jamais demandé ou reçu un permis de séjour en Belgique. Il est peut-être venu en Belgique, mais l'Office des étrangers ne dispose de rien à ce sujet".