Belgique En ce jour de baptême de son petit frère, la princesse Elisabeth a soufflé ses deux bougies

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CIERGNON Ce fut la plus belle, la plus simple, la plus tendre des cérémonies. Entre terre et ciel, le ciel de la jolie chapelle du château de Ciergnon, pour le baptême d'un petit prince au nom d'ange qui laisse rêveur: Gabriel.

A la chapelle, aux côtés de la famille d'Udekem d'Acoz, sont réunis les Souverains, la reine Fabiola, les Grands Ducs de Luxembourg, Jean Joséphine-Charlotte, Henry et Maria-Teresa, les princes Lorenz, Astrid et leurs enfants, et tout au fond, Laurent et Claire...

Quelque chose qui relie. Oui. Comme la religion. Les voix pures mais puissantes d'une quinzaine d'enfants venus d'Alost s'élèvent a capella et enveloppent la petite chapelle. Le premier texte lu en allemand par la marraine du petit Gabriel, la baronne Maria Christina von Freyberg - la petite fille de la soeur aînée de la reine Paola - éveille quelque peu le petit prince qui laisse apparaître ses prunelles bleues.

Pas moins ému, le jeune parrain, Charles-Henri d'Udekem d'Acoz, 17 ans, le frère de Mathilde. La petite Elisabeth est sage et fière d'assister à ce moment qu'elle sent confusément capital dans une vie: le baptême de son frère, l'être au monde le plus proche de soi, qui loge au coeur des plus profondes racines communes.

Les Souverains sourient. La reine Fabiola est recueillie, entre passé, présent et avenir. Un baptême, c'est une sorte de refrain, de saison qui entre en vous. Une ronde enfantine qui n'aurait pas cessé alors que l'âge arrive.

«Gabriel, Baudouin, Charles, Marie, je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit». C'est secondé par un père venu d'une abbaye voisine que le cardinal Danneels fait entrer Gabriel dans la grande famille des chrétiens, tout en versant par trois fois de l'eau bénite sur le front de l'enfant. Mathilde très élégante, berce doucement le petit Gabriel, qui ne bronche pas. Point de larmes ni de cris. La Princesse sourit aux anges. Le petit Prince (âgé de deux mois) porte la robe de baptême de sa grande soeur, longue d'un mètre vingt, réalisée en satin de soie, doublée d'organza et dont le corsage et les manches sont rehaussés de dentelle de Bruxelles.

Ce jour restera doublement gravé dans le coeur de la famille royale. Puisque ce 25 octobre sonne aussi les deux ans de la petite Elisabeth devenue une délicieuse petite fille modèle toute vêtue de rose.

En conservant un caractère strictement privé à cette cérémonie, la famille royale a voulu tracer une distinction entre sa vie publique et ses convictions religieuses. Pas de badauds, pas de barrières Nadar ou de route fermée à la circulation. C'est en pensée, que de l'autre côté des grilles du château tout un village a communié au bonheur de la famille royale. «On peut penser à eux sans pour autant faire de chichis, déclare Marie Adam qui avec Emile son mari ont été durant 25 ans les gardes du château de Fenffe. Mes deux enfants ont joué pendant des années avec Philippe, Laurent et Astrid. Cela crée des liens. Nous sommes fiers que les Princes aient choisi Ciergnon pour le baptême. Ils donnent ainsi du château et du village une image vivante.»

© La Dernière Heure 2003