Bart de Wever attaque Pierre Mertens

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Belgique

Un leader flamand, qualifié de "négationniste" dans Le Monde, porte plainte


BRUXELLES Le président du parti nationaliste flamand N-VA, Bart De Wever, a porté plainte contre l'écrivain belge Pierre Mertens, qui le désignait comme "un leader résolument négationniste" dans une tribune publiée dans le journal français Le Monde.

M. De Wever, dont la formation, la Nouvelle alliance flamande, est liée au parti chrétien-démocrate flamand (CDV) du Premier ministre Yves Leterme, a déposé une plainte pénale avec constitution de partie civile devant un juge d'instruction bruxellois contre le philosophe et écrivain.

La polémique est née en octobre 2007 lorsque la mairie d'Anvers (nord) a présenté ses excuses officielles pour la participation de fonctionnaires et de policiers municipaux à la déportation de plus de 1.200 juifs en 1942. M. De Wever, historien de formation, avait critiqué ces excuses, y voyant un "acte gratuit" et un coup politique dirigé contre le parti d'extrême droite Vlaams Belang, influent à Anvers.

Dans une tribune intitulée "Le pays qui ne s'aimait plus", publiée le 7 décembre 2007 dans Le Monde, Pierre Mertens désignait Bart De Wever comme "un leader résolument négationniste". Bart De Wever a indiqué qu'il retirerait sa plainte s'il recevait des excuses. "Je veux que M. Mertens retire ses propos. Il m'a accusé d'un délit, c'est très grave", a-t-il expliqué au Soir. Le lauréat du Prix Médicis 1987 a catégoriquement refusé la proposition.

Le dossier pourrait donc en théorie aboutir devant une cour d'assises, puisqu'il s'agit d'un délit de presse présumé, mais les procès de ce type sont extrêmement rares en Belgique. Mardi, Le Soir a repris à son compte les propos de Pierre Mertens, estimant que les propos de Bart De Wever "furent négationnistes", et s'est dit prêt à en répondre devant la justice.

Fin juin, Bart De Wever avait déjà porté plainte contre Le Soir pour incitation "à la haine et à la violence", citant des articles le mettant en cause et qui, selon lui, étaient empreints de xénophobie. L'organisme saisi par le chef de la NVA, le Centre pour l'Egalité des chances et la lutte contre le racisme, s'est toutefois déclaré incompétent dans ce dossier.

© La Dernière Heure 2008

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