Belgique

Pour les autorités locales, il s'agit d'une incitation à l'abandon de bébés.

"Depuis 2005, l'abandon de bébés est punissable par la loi et il existe bel et bien des alternatives à ce système. J'ai déjà demandé à la police d'aller voir sur place ce qu'il en est, mais je compte bien interdire l'installation d'une boîte à bébés, partout sur le territoire de la commune! Je prendrai un arrêté de fermeture si nécessaire", explique ce jeudi, vers 13h, le bourgmestre faisant fonction éverois Pierre Muyle (PS). Quelques heures après l'installation d'une boîte à bébés, qui permet aux parents de déposer leur bébé en conservant leur anonymat,dans cette commune bruxelloise, les autorités locales montent donc au créneau, considérant qu'il s'agit d'une incitation à l'abandon de bébés.

“Je pensais à ce projet depuis un certain temps depuis que je m’étais rendu compte que certains parents sont désespérés et n’ont parfois pas d’autres choix, mais le déclic, je l’ai eu à Anvers. Un jour, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai pris ma voiture pour aller voir sur place comment cela fonctionnait. Cela a été le déclic. Cela m’a donné la force de le faire”, expliquait jeudi matin, dans nos pages, l'ASBL Corvia, en annonçant l'ouverture de la boîte. “Il n’y aurait pas besoin de boîtes à bébés si les parents pouvaient accoucher anonymement à l’hôpital. C’est malheureusement impossible actuellement !”, ajoutait l'association, sachant déjà que l'initiative ferait polémique.

Reste qu'en janvier dernier, le maïeur socialiste ne tenait pas, semble-t-il, tenir le même discours. "C’est une initiative privée, nous ne pouvons pas l’interdire ou non. Mais nous pensons que c’est un service, et s’il peut aider, très bien", expliquait-il, début janvier, dans Sudpresse. La commune avait même proposé que Corvia soit mise en contact avec son service social et que les bébés déposés, s’il y en a, soient citoyens d’honneur d’Evere.