Belgique

Alain Destexhe fustige les propos de Joëlle Milquet, qui dément fermement ces accusations: "Je n'ai jamais défendu la remise en cause des horaires officiels et de la mixité dans les piscines!"

BRUXELLES

Le député MR Alain Destexhe a fustigé vendredi les propos de la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet lors d'une émission de MaghrebTV organisée en vue des élections communales. "Ces propos sont scandaleux et inadmissibles. Je les condamne fermement. Ils ne feront qu'encourager les intégristes islamistes dans le travail de sape de nos valeurs européennes et dans nos règles de vivre ensemble", a réagi vendredi le député libéral, qui se demande si la ministre aurait tenu les mêmes propos sur les chaînes nationales RTL ou la RTBF.

Dans cette interview consultable sur YouTube (à partir de 10:00), la ministre de l'Intérieur évoque certains accommodements raisonnables pour mieux concilier les "pratiques de vie différentes", notamment en matière religieuse ou alimentaire, entre les différentes communautés établies dans le pays. Il s'agit, explique-t-elle, "d'adapter un peu nos pratiques dans les écoles ou les horaires de piscine, le fait que les femmes puissent nager ensemble. Où est le problème? Je trouve que c'est une question de respect", juge la ministre centriste, en charge de l'Egalité des chances notamment.

Pour le député MR, "accepter pareils horaires séparés dans des piscines serait un pas de plus dans la reconnaissance des communautarismes religieux déjà omniprésents dans certains quartiers de Bruxelles".

Milquet dénonce les propos "inadmissibles et scandaleux" de Destexhe


Immédiatement après le communiqué d'Alain Destexhe, Joëlle Milquet a dénoncé vendredi soir les propos "inadmissibles et scandaleux" du député MR. "Les propos qu'il évoque ne correspondent pas à mes expressions. A une question posée relative aux recommandations des Assises de l'interculturalité - qui était une initiative du gouvernement belge et a été exprimée en présence du prince Philippe, je me suis contentée de regretter les amalgames faits par certains des recommandations, notamment en ce qui concerne les accomodements raisonnables."

La ministre, en charge de l'Egalité des chances, souligne qu'il ne s'agit pas de "dérogations possibles à des règles qui doivent être les mêmes pour tous", mais uniquement de "pratiques concrètes de respect des diverses convictions des personnes dans une société". "Je n'ai jamais défendu l'idée d'une dérogation, ni la remise en cause des horaires officiels et de la mixité dans les piscines. J'ai juste évoqué un exemple de pratiques actuelles des ASBL d'insertion, qui organisent des séances de sport pour les femmes - notamment en piscine - après les heures de fermeture", insiste Mme Milquet.

La ministre déplore le caractère "profondément malhonnête" des déclarations de M. Destexhe. "J'ai toujours eu le même discours quant aux conclusions des Assises. Certaines, comme celles relatives à la discrimination au travail, sont intéressantes. D'autres, comme la remise en cause de la définition de la Shoah, sont inacceptables."

"Les politiques de respect que je prône sont celles qui sont portées par l'ensemble des experts et associations de la diversité, et ne relèvent en rien d'une quelconque promotion du communautarisme que j'ai toujours combattu", conclut la ministre.

© La Dernière Heure 2012