Belgique

"Agiter le poison du racisme ou de la xénophobie ne sera jamais notre choix", a affirmé dimanche le Premier ministre Charles Michel, à l'occasion des estivales du Mouvement Réformateur qui a attiré des milliers de membres à Pairi Daiza. 

Assumant ostensiblement la décision, prise par le gouvernement, d'accueillir "ceux qui fuient la mort et l'enfer", M. Michel n'a pas caché que l'avenir ne se présentait pas pour autant sous le signe de la simplicité dans ce dossier. "Nous avons pris nos responsabilités, mobilisé des milliers de places d'accueil supplémentaires renforcé les moyens des services administratifs, dans une solidarité maximale avec les communes, les associations, la Croix Rouge. Mais je veux dire la vérité", a ajouté le Premier ministre, "ce sera difficile et encore plus difficile dans les prochains mois".

Le chef du gouvernement MR/N-VA/CD&V/Open VLD a répété que ceux qui sont dans les conditions du droit d'asile devaient être accueillis "convenablement, partager nos valeurs de liberté et de démocratie, être encouragés à travailler, et apprendre une des langues nationales".

Charles Michel a rappelé l'attachement des libéraux au caractère obligatoire du parcours d'intégration jusqu'ici seulement appliqué en Flandre.

A ses yeux, ceux qui ne sont pas dans les conditions du droit d'asile ou qui ne respectent pas les valeurs de liberté doivent quant à eux quitter le territoire.

Le Premier ministre a par ailleurs lancé un appel à plus de solidarité au niveau européen et invité "certains gouvernements qui refusent de fournir leur part d'efforts nécessaires à s'unir avec les pays membres qui sont plus actifs.

Les efforts politiques, diplomatiques et humanitaires seront poursuivis sur le plan international aussi pour réussir la paix, la sécurité et le développement des pays d'origine, mais nous savons aussi que des efforts militaires dans le cadre des Nations-Unies seront nécessaires, a-t-il ajouté.

Le Premier ministre est par ailleurs revenu sur le grand nombre de décisions prises en moins d'un an par son gouvernement "pour mettre notre pays en ordre", "doper l'emploi", et "encourager le travail", pour décider le tax shift en prévoyant d'injecter "7 milliards d'euros de carburant dans le moteur économique et social du pays", ou encore augmenter le "pouvoir d'achat", spécialement des bas et moyens revenus et lancer une réforme des pensions en maintenant un espace de concertation ouvert, comme pour d'autres réformes.

En présence d'une délégation d'agriculteurs venus manifester pacifiquement à Pairi Daiza, il a souligné son intention de poursuivre le travail entamé pour les PME, les indépendants et "les agriculteurs confrontés aujourd'hui à un défi difficile".

M. Michel a enfin confirmé que les mesures de lutte contre le terrorisme en janvier dernier seront toutes exécutées. Pour lui, la liberté de circuler doit être garantie sans réserve ni hésitation, "mais pas pour les terroristes. Il ne sera jamais question, pour nous de choisir entre la liberté et la sécurité. Plus que tout, nous aimons la liberté. Et c'est pour cela que nous voulons la sécurité, a-t-il conclu.


Après l'accueil des migrants, il faut un parcours d'intégration obligatoire, affirme Chastel

Au-delà de la première phase d'accueil des migrants pour lequel le gouvernement fédéral prend les mesures d'urgence qui s'imposent, il faut un travail d'intégration pour ceux qui reçoivent l'asile et un parcours d'intégration obligatoire, a affirmé dimanche le président du MR Olivier Chastel, à l'ouverture des estivales du MR.

"En Flandre, les résultats sont nettement meilleurs parce que le parcours d'intégration y est obligatoire. La Wallonie et Bruxelles doivent suivre cet exemple", a commenté le président du MR.

Au passage, le président du Mouvement Réformateur a quelque peu raillé le changement de ton et la volonté affichée par les présidents du PS et du cdH de mener une opposition "plus constructive" en soulignant que c'est davantage de l'engagement et de la prise de responsabilité que les Wallons et les Bruxellois attendaient des élus de ces deux formations au pouvoir dans les Régions. "Quand allez-vous enfin vous associer aux efforts que nous menons au fédéral et venir avec des mesures efficaces pour relancer l'emploi en Wallonie et à Bruxelles", a demandé Olivier Chastel.

Celui-ci a loué le chemin parcouru en moins d'un an au gouvernement fédéral composé du MR et de trois partis flamands. Il a mis en exergue les "mesures audacieuses qui porteront leurs fruits" à l'image d'une réforme fiscale pour un montant de 7 milliards qui "bénéficie tant aux entreprises, et donc à l'emploi et au citoyen", et d'une réduction des charges sociales.

A ce sujet, Olivier Chastel a souligné que le MR veillerait à un abaissement ciblé pour maximiser les effets sur l'emploi.

Dans son allocution, le président du MR a confirmé le lancement d'un processus d'actualisation de la doctrine libérale de son parti qui devrait s'achever lors d'un congrès à l'automne 2016.