Belgique

Comme chez nos voisins français, plusieurs rassemblements se préparent dans le pays pour rendre hommage aux victimes de l'attentat du 10, rue Nicolas Appert.

EN BELGIQUE

Plusieurs hommages aux victimes de l'attentat perpétré mercredi contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo à Paris se tenaient encore jeudi en Belgique. Dès 08h30, plus de 300 personnes se sont rassemblées sous la pluie sur la place de l'Université, à Louvain-la-Neuve. Le rassemblement était composé d'étudiants, d'enseignants, de membres du personnel de l'université et de sympathisants qui avaient fait le déplacement. Dans le Brabant wallon, une minute de silence a également eu lieu à 11h00 dans les écoles primaires, au CPAS et au sein de l'administration communale de Villers-la-Ville. Un rassemblement citoyen est en outre programmé à Nivelles à 18h15.

Dans le Hainaut, un rassemblement pour "le libre coup de crayon" s'est déroulé place Charles II à Charleroi. Lancé la veille sur Facebook par un particulier, cet hommage aux victimes de l'attentat parisien a rassemblé environ 450 personnes d'horizons divers. Le personnel communal avait reçu l'autorisation de se rendre à la manifestation, tout comme les ouvriers de l'ICDI. De nombreux policiers en uniforme et en civil étaient également présents pour rendre hommage à leurs deux confrères abattus par les terroristes.

A Tournai, les drapeaux de tous les bâtiments publics seront mis en berne et un hommage spécifique sera rendu aux victimes vendredi lors de la cérémonie des vœux au personnel communal

En province de Liège, un hommage est également programmé à Hannut dès 20h00. A Namur, un rassemblement se tiendra sur la place d'Armes à 18h00. Le personnel communal de Sambreville s'est, quant à lui, réuni jeudi midi pour observer une minute de silence.

Le gouvernement wallon a lui aussi observé une minute de silence en hommage aux victimes à 12h00. Tous les services publics wallons, les organismes d'intérêt public et les cabinets ministériels y ont participé. Les drapeaux de l'Élysette, siège du gouvernement wallon, ont été mis en berne.

En Région bruxelloise, des minutes de silence ont été observées dans les communes d'Evere, de Bruxelles-ville et de Forest, mais aussi dans plusieurs ministères, à la police de Bruxelles-Ixelles, à l'hôpital Erasme et au Square G de l'Université Libre de Bruxelles (ULB).

Le personnel de la Centrale Générale de la FGTB a, pour sa part, observé une minute de silence devant son siège situé place de la Chapelle. Celle-ci a été suivie d'une minute de bruit pour "réaffirmer que la haine et l'extrémisme n'auront jamais raison de nos libertés fondamentales", a souligné le syndicat.

L'Association des journalistes professionnels (AJP) s'est, quant à elle, associée jeudi matin à l'initiative de la Fédération européenne des Journalistes d'observer une minute de silence dans le hall du Résidence Palace, le centre international de presse de la capitale. Plus de 200 journalistes basés à Bruxelles ont participé à cet hommage.

"Aujourd'hui, nous sommes tous Charlie dans nos pensées, mais, en tant que journalistes, nous comprenons très bien les raisons pour lesquelles nos confrères ont été visés. Ces balles étaient également destinées à tous ceux qui se battent pour la liberté de la presse", a déclaré Beth Costa, secrétaire générale de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) avant la minute de silence observée par les participants

L'AJP a également invité ses membres à se rassembler devant la Galerie Cartoonist, située rue Haute, à 14h00. Plusieurs dessinateurs de presse étaient présents.

A la Commission européenne, tous les drapeaux sont en berne ce jeudi. Par ailleurs, une minute de silence a été observée dans tous les bâtiments de la Commission et en salle de presse à 12h00.


EN FRANCE

Une minute de silence en hommage aux victimes

Minute de silence dans les services publics et les écoles, métros et bus à l'arrêt, ventes interrompues dans des commerces, cloches sonnant le glas: la France s'est recueillie jeudi à midi en mémoire des victimes de l'attaque de Charlie Hebdo.

"Charlie sera libre!": quelques minutes avant midi, le cri d'une femme brise le silence de la foule, parmi les centaines de personnes rassemblées, sous une forte pluie, sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame à Paris, devant des dizaines de journalistes du monde entier.

Beaucoup pleuraient ou fermaient les yeux, d'autres priaient tandis que touristes et Parisiens faisaient la queue pour entrer assister à la messe en hommage aux victimes.

Face au choc "d'un attentat terroriste" qui a fait 12 morts, le président, François Hollande, avait annoncé une "journée de deuil national", mesure rarissime en France.

Dans la gare Saint-Lazare, un message appelle au recueillement avant un coup de sifflet qui retentit à midi: des centaines de personnes s'arrêtent de marcher et restent figés.

Julie, 37 ans, est "atterrée". "Il faut être ensemble et sauver la liberté d'expression", affirme cette assistante sécurité à la SNCF.

Des grandes enseignes de distribution (Carrefour, Casino, Fnac, Quick) avaient précisé que les transactions commerciales seraient interrompues pendant la minute de silence.

A travers la France, plusieurs événements ou inaugurations ont été annulées, leur caractère festif n'étant pas de mise, comme la cérémonie d'installation officielle de la Métropole de Toulouse ou l'audience solennelle de rentrée de la cour d'appel de Rennes. Plusieurs préfectures ont aussi annulé les cérémonies de voeux prévues dans les jours à venir.

Dans l'est parisien, à 300 mètres du siège endeuillé de Charlie Hebdo, des enfants croisés le matin sur le chemin de l'école demandent à leurs parents "est-ce qu'ils ont été arrêtés?".

"Il faut expliquer ce qui s'est passé, on leur dit qu'il y a des méchants qui ont fait du mal, et que la police va les arrêter", dit Hervé Roch, père de deux enfants de neuf et quatre ans.

Angoissée, Sarah, 12 ans, ne voulait pas aller au collège. Sa mère a exceptionnellement décidé de l'accompagner. "C'est important qu'elle y aille... Si on se met à avoir peur, on leur donne raison".

"En me réveillant, je n'y croyais pas, c'était comme un cauchemar...", raconte Anne-Laure Roserat, une institutrice du quartier. Elle se rend à une cellule psychologique prévue par l'Éducation nationale "pour nous aider à en parler: les enfants ont peut-être vu ou entendu des choses".

A Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines, une mère a parlé de l'attentat à ses enfants, préférant qu'ils ne l'apprennent pas dans la cour de récré, "où les choses peuvent être déformées".

Une autre mère a préféré ne rien dire: "ils sont petits, j'avais peur de ne pas trouver les mots. J'espère que la maîtresse va le faire".

Sur le parvis des droits de l'Homme de Bordeaux, où le rassemblement organisé mercredi après-midi s'est poursuivi une bonne partie de la nuit, des passants continuaient de s'arrêter jeudi matin pour déposer fleurs, bougies, inscriptions à la craie, vieux exemplaires de Charlie...

A Nantes, un jeune homme, portant un tee-shirt noir sur lequel il a peint en lettres blanches "Je suis Charlie", se recueillait jeudi matin sur la Place Royale. En larmes devant des dizaines de bougies éteintes et des fleurs laissées au bord de la fontaine, où trônent des pancartes "Je suis Charlie", il lâche: "ils ont voulu tuer Charlie Hebdo, mais ils l'ont rendu immortel".

A 9.000 km de là, plusieurs centaines de personnes rassemblées à Saint-Denis de La Réunion portaient des pancartes proclamant "nou lé Charlie" ("Nous sommes des Charlie", en créole réunionnais).

Sur les réseaux sociaux ou par texto, certains appelaient à une opération "bougie aux fenêtres" jeudi soir pour donner un "message de paix, pour la liberté".

Et à 20h00, les lumières de la Tour Eiffel s'éteindront en hommage aux victimes.



DÉJA DES RASSEMBLEMENTS MERCREDI

Près de 3.000 citoyens ont pointé leurs crayons vers le ciel à Bruxelles

Un silence de cathédrale. Puis des centaines et des centaines de crayons, de bics pointés vers le ciel ixellois de la place du Luxembourg. Puis encore, le Chant des partisans , entonné par quelques-uns tandis qu’un violoniste l’interprétait. C’est les larmes aux yeux que 2.000, si pas 3.000 anonymes et politiques ( "Je suis venu comme citoyen; je n’imaginais pas ne pas y être" , indiqua Paul Magnette), voire plus se sont (ré)unies, mercredi soir, sur le coup de 18 h 30. Pour un hommage aux défunts. Pour mener, à leur façon, un combat, pacifique, contre la barbarie aussi...

Si quelque 200 personnes avaient amorcé le mouvement devant le consulat de France où 12 bougies furent allumées, vers 18 h, au nom des 12 victimes de l’attaque de la rédaction de Charlie Hebdo , c’est bien dans le quartier européen qu’une foule, compacte, s’était agglutinée.

Sans humour, on est mort. Française, Lucie n’a que 20 étés. Mais déjà une conscience aiguë qu’ "on ne peut pas laisser passer ça" . Alors, elle brandit ce panneau, aussi puissant que sobre. Sa présence, jure-t-elle, tient davantage "de l’hommage que de la colère" .

Alors que des masses de médias (Euro News, par exemple) en étaient aussi et que moult flashs crépitaient, ils étaient là, ils étaient tous là, ceux qui avaient pu répondre à l’appel lancé sur Facebook, deux heures à peine avant que l’émotion ne submerge tout le monde.

"La solidarité face à l’horreur!" Guilhem ne sortira pas un mot de plus. Mais en ce moment de recueillement - "de tolérance" , lâchera un participant -, il n’en fallait pas plus que la force, indescriptible, d’applaudissements, de calicots ( L’amour est plus fort que la haine ; Il faut que l’encre coule, pas le sang! )...


Plus de 200 personnes à Liège

À Liège, vers 18h, environ 200 personnes se sont rassemblées place Saint Lambert.

Elles ont ensuite décidé de converger vers la place du Marché afin d'entourer le Perron, le célèbre monument liégeois symbole des libertés. Dans un silence pesant, des enfants ont allumé des bougies sous les yeux, entre autres, du ministre des Pensions Daniel Bacquelaine et du bourgmestre Willy Demeyer.

Un appel est également lancé pour un rassemblement citoyen le jeudi 8 janvier à 8h30 à Louvain-la-Neuve. Les participants sont invités à se réunir sur la place de l'Université "afin de montrer leur soutien aux victimes de l'attentat commis à l'encontre de la rédaction de Charlie Hebdo ainsi qu'à la liberté d'expression" , selon les organisateurs.


Les Montois rendent aussi hommage à Charlie

Ce mercredi soir, en hommage aux journalistes et aux policiers victimes de l'attentat de Charlie Hebdo, Un rassemblement pacifique était organisé sur la Grand-Place de Mons. Une centaine de personnes avait répondu présent à l'appel du Mouvement International Anarchiste Montois (MIAM).

Pour les organisateurs, il s'agissait d'un acte symbolique qui avait pour but de revendiquer la liberté de presse et d'expression. " Nous avons tous été extrêmement choqués et attristés par les événements ", explique Christophe Bureau, fondateur du MIAM. " Nous sommes attachés à la liberté individuelle. Personnellement, j'ai également un amour pour le monde du Moyen-Orient. J'ai peur que le racisme primaire n'augmente à la suite de ce qu'il s'est passé ".

Certains citoyens tenaient également rendre un dernier hommage aux victimes de l'attentat avec une pancarte à la main. " Je ne pouvais pas être absente de ce rassemblement ", explique Catherine Huens, une Montoise de 49 ans. " Même si l'attentat n'a pas eu lieu chez nous, c'était important de se réunir sur la Grand-Place. Il fallait marquer le coup et montrer notre indignation. Je ne pouvais pas rester seule chez moi ".


EN FRANCE

Des dizaines de milliers de manifestants dans les villes de France

Selon l'AFP, plus de 100.000 personnes dans les rues en France en hommage aux victimes de Charlie Hebdo dans l'hexagone.

A Paris, des dizaines de milliers de personnes étaient rassemblées mercredi en fin d'après-midi, en hommage aux victimes de l'attentat sanglant contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, selon une source policière.

La place de la République était noire de monde, la circulation était coupée, tandis que des gens continuaient d'affluer, ont constaté des journalistes de l'AFP peu avant 18H30 (17h30 GMT).

A l'appel de plusieurs syndicats, associations, médias et partis politiques, les participants se sont réunis sur la place de la République, au coeur de la capitale française, non loin du siège du journal, pour dénoncer cet attentat, le plus meurtrier en France depuis la guerre d'Algérie.

Dans la foule compacte et silencieuse, beaucoup arboraient un autocollant noir ou une pancarte sur laquelle on pouvait lire "Je suis Charlie", un slogan de solidarité envers les victimes qui circule également sur Twitter. Certains se recueillaient, une bougie à la main.


Sur les pancartes, figurait également "Charb mort libre", hommage à Charb, dessinateur et directeur de Charlie Hebdo, mort à 47 ans dans la la tuerie avec trois caricaturistes vedettes de la publication, Cabu, Tignous et Wolinski, tous très connus en France.

"C'est dramatique que ces gens soient assassinés. Demain, les gens ne pourront plus parler. Nous devons être des milliers à sortir dans la rue", a déclaré à l'AFP Béatrice Cano, une manifestante d'une cinquantaine d'années qui arborait le dernier numéro de Charlie, publié mercredi.

"La liberté de la presse n'a pas de prix", soulignait une autre pancarte.

Au cri d'"Allah Akbar !", des hommes armés ont attaqué mercredi à Paris les locaux de Charlie Hebdo, tuant de sang-froid 12 personnes, dont des figures emblématiques de la rédaction de ce symbole de la liberté d'expression, déjà menacé pour des caricatures de Mahomet.

Ce carnage, d'une "exceptionnelle barbarie", selon le président français François Hollande, a soulevé une vague d'indignation à travers le monde.

Lyon, Toulouse, Grenoble... Partout la foule

Ils étaient également plus de 10.000 à Lyon à scander "Charlie", et 10.000 à Toulouse, ville de Bernard Maris, économiste de gauche tué dans l'attentat. Sous les fenêtres de l'hôtel de ville, Patrick et son fils Eliott distribuaient des copies d'un tract "Je suis Charlie". "J'ai pleuré tout l'après-midi à mon bureau", admet le père, architecte de 50 ans. "Cabu, c'était comme un petit papa à moi. Nos enfants, on leur lègue ce monde qui est dur, j'ai mal, j'ai honte".

5.000 personnes étaient réunies à Grenoble, entre 13.000 à 15.000 à Rennes, 2.500 personnes à Metz, et plusieurs milliers à Marseille, où Didier, qui tient un magasin de souvenirs avait "baissé le rideau. Tous ces gens-là, comme Cabu, m?ont donné envie de voir les choses autrement, j'aimerais que Charlie vive".

sA Nantes, environ 5.000 personnes ont afflué au c?ur de la ville, en présence de l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Ils étaient aussi plus de 2.000 à Dijon, et plusieurs centaines à Besançon. "Je les connaissais tous, Tignous était un ami personnel, c'est lui qui m'a fait rentrer dans le métier", a confié à l'AFP le dessinateur bisontin Bauer, très ému.

Des rassemblements ont également eu lieu à Nancy, Montpellier, Nice, Strasbourg, Angoulême, Bordeaux, Limoges, Poitiers ou encore Agen.


DANS LE RESTE DU MONDE

( Toutes les photos dans notre galerie ici )

500 personnes devant l'ambassade de France à Berlin

Environ 500 personnes, selon la police, se sont rassemblées mercredi en fin d'après-midi devant l'ambassade de France à Berlin. L'appel avait été lancé quelques heures plus tôt via les réseaux sociaux.

Devant l'ambassade, située près de la Porte de Brandebourg, dans le centre de Berlin, beaucoup de manifestants étaient munies de bougies, brandissant des pancartes proclamant "je suis Charlie" ou d'anciennes Unes de Charlie Hebdo, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans la foule, un groupe d'Allemands a scandé en français : "vive la liberté de la presse, vive la caricature", tandis que d'autre tenaient une pancarte indiquant : "l'Europe unie dans la solidarité".


Manifestations à New York, Washington et au Canada

Bravant un froid glacial, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées mercredi à New York, Washington et au Canada pour dénoncer l'attentat contre Charlie Hebdo et défendre la liberté de la presse.

A Washington, parmi les quelques 300 manifestants se trouvait Christine Lagarde, la patronne du FMI, venue pour montrer sa solidarité avec (ses) compatriotes et sa sympathie pour les victimes".

"On est encore tous sous le choc", a-t-elle confié, évoquant ces "caricaturistes qui ont accompagné notre quotidien pendant des années. Moi, j'ai été caricaturée par Cabu et j'en ai souri à l'époque".

Cet attentat est "à la fois le symbole de l'attaque faite au coeur de Paris et la remise en cause de la liberté d'expression", a-t-elle ajouté.

A New York, en dépit d'une température ressentie de -20 degrés Celsius, plusieurs centaines de personnes, en très grande majorité des Français, ont chanté la Marseillaise avant de scander "Charlie, Charlie" sur la place Union Square.

L'ambassadeur de France à l'ONU François Delattre et le consul de France à New York Bertrand Lortholary étaient présents.

A Montréal, Québec ou encore Winnipeg (centre), des centaines de personnes ont également montré leur solidarité. Les drapeaux ont été mis en berne sur plusieurs édifices publics comme à la mairie de Montréal ou à l'Assemblée nationale à Québec.