Belgique Le chef de groupe MR au Parlement wallon a interpellé mercredi après-midi la ministre de l'Emploi Éliane Tillieux PS, après la patronne du Forem ait souligné lundi qu'il n'y avait pas assez d'emplois en Wallonie pour tous les demandeurs d'emplois.

"On a découvert mardi un article de presse dans lequel l'administratrice générale du Forem nous annonce qu'il n'y aura pas assez d'emplois en Wallonie. Au final, on se demande qui de vous ou elle (NDLR: Marie-Kristine Vanbockestal) est réellement ministre. On se demande si vous êtes la ministre de l'Emploi ou plutôt la ministre du chômage! La question de votre bilan commence à se poser! Quel est votre bilan finalement? On dépense des milliards dans le Forem et dans la formation en Wallonie et, au final, on apprend que le nombre de chômeurs accompagnés, mais aussi le nombre de formations est en baisse au Forem! Il y a 59 métiers en pénurie et l'administratrice générale du Forem nous dit qu'il ne faut pas pousser les gens à s'intéresser à ces métiers! Quelle est votre position en la matière? Quand allez-vous prendre le taureau par les cornes?", a tonné mercredi, à 14h, le chef de groupe MR Pierre-Yves Jeholet, en début de séance plénière au Parlement wallon, à l'adresse de la ministre wallonne de l'Emploi Éliane Tillieux PS. Une charge virulente et qui fait suite à l'interview de l'administratrice générale du Forem Marie-Kristine Vanbockestal dans la DH de mardi.

“Il y a un constat quasi arithmétique : il n’y a pas assez d’emplois pour satisfaire la demande d’emplois. Mais on essaie de leur dire de dépasser ce constat, et de préparer les chômeurs par des conseils, de la formation ou de l’immersion. Il faut accepter de dépasser les convictions défaitistes du demandeur d’emploi. Il n’y aura pas de l’emploi pour tout le monde, mais il y aura quand même de l’emploi. Il y a une perte de sens, oui, et une sorte de découragement chez les conseillers emploi, car certaines personnes sont très loin en termes de qualification. Les conseillers ont parfois l’impression de gravir une montagne. Certaines personnes aujourd’hui, et je ne parle pas de migrants, ne maîtrisent pas les compétences de base en français et en calcul !”, avait fait savoir cette semaine la patronne du Forem, revenant sur la non réalisation complète des objectifs assignés au Forem dans le cadre du précédent contrat de gestion. Le nombre de demandeurs d'emploi accompagnés par le Forem est passé, en cinq ans, de 108.000 à 89.000, soit une diminution de 17 % alors que l’objectif initial était de 130.000.

Prenant la parole à son tour, Éliane Tillieux a d'abord souligné qu'elle avait pas besoin pour répondre de "hausser le ton". "Je rappelle que le Forem est un organisme d'intérêt public avec une autonomie de gestion et que le rôle du ou de la ministre de l'Emploi est de définir le cadre dans lequel l'OIP fonctionne et de voir si les missions ont été accomplies. L'article auquel vous faites référence se base sur des informations données en commission Emploi début mai, lors d'une séance où vous étiez en partie absent. Je rappelle comme l'a fait Madame Vanbockestal qu'il y a une baisse de demandes de l'emploi et que cela joue aussi dans la baisse de demandeurs d'emploi accompagnés. On enregistre dans le même temps une demande à la hausse des offres d'emploi", a notamment répliqué la ministre socialiste.

Malgré l'insistance du député libéral, la ministre wallonne a refusé de s'exprimer sur les propos de la patronne du Forem, laquelle s'est refusée à forcer les demandeurs d'emploi à se former pour un métier en pénurie. "On ne force pas à boire un âne qui n’a pas soif. Il y a un élément incitatif qui doit être présent, parce qu’obliger avec un couteau et une sanction dans le dos en perspective, ce n’est pas propice à de bons résultats", avait ainsi indiqué Marie-Kristine Vanbockestal, soulignant que le sujet était complexe et qu'il fallait aussi analyser les raisons de ces pénuries.