Belgique

Malgré l'action citoyenne organisée dimanche soir au parc Maximilien à Bruxelles, la police fédérale des chemins de fer a interpellé 17 personnes en séjour illégal dans les gares.

Cette action de police est une preuve du populisme du ministre de l'Intérieur Jan Jambon et du secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken, dénonce la Ligue des Droits de l'Homme (LDH). Selon le président de l'organisation, les membres du gouvernement donnent l'impression de maintenir le problème à des fins électorales. "C'est la parfaite définition du populisme, Jambon et Francken en sont les champions", ajoute Alexis Deswaef. "Malgré les signaux forts envoyés par la population, le ministre de l'Intérieur compte poursuivre ce qui ne marche pas."


Quatre des 17 personnes en séjour illégal interpellées sont maintenues en centre fermé

Quatre des dix-sept personnes en séjour illégal interpellées dimanche soir à la gare du Midi par la police des chemins de fer, ont été maintenues en centre fermé, indique lundi Dominique Ernould, porte-parole de l'Offices des Étrangers. Selon le cabinet du ministre de l'Intérieur Jan Jambon, les opérations de police se sont déroulées sur les quais et dans les trains qui circulaient vers et à destination de Bruxelles, et qui sont les trajets privilégiés par les passeurs.

Parmi les 17 personnes interpellées, l'Office des Étrangers a dénombré trois Erythréens, trois Algériens, deux Syriens, deux Marocains, deux Guinéens, un Soudanais, un Tchadien, un Palestinien et un Sierra-Léonais. Une personne qui était titulaire d'un titre de séjour valable a pour sa part été remise en liberté dès dimanche. Lundi, deux autres personnes ont bénéficié de la même mesure car l'une avait un pré-enregistrement d'asile et l'autre, un visa encore valable. Un ressortissant algérien, un Syrien, un Palestinien et un Algérien ont été maintenus en centre fermé. Les douze autres ont reçu un ordre de quitter le territoire.

Dimanche soir, à l'initiative de la "Plateforme Citoyenne de soutien aux réfugiés", des centaines de personnes ont formé une chaîne humaine entre le parc Maximilien et la gare du Nord à Bruxelles, en signe de protestation contre une opération de la police fédérale planifiée au parc bruxellois. Des volontaires se sont mobilisés afin que les migrants soient accueillis chez des citoyens-hébergeurs. Cent vingt migrants ont été logés à la Porte d'Ulysse, le centre pour migrants de la Plateforme citoyenne. Plus de 300 autres avaient déjà été accueillis samedi soir par des familles d'accueil et y restaient dimanche, de sorte qu'aucun migrant ou demandeur d'asile ne se trouvait dans le parc Maximilien dimanche soir.


Il n'est pas question de criminaliser les hébergeurs, assure Olivier Chastel

Le président du MR, Olivier Chastel, regrette la "désinformation" entretenue selon lui autour du projet de loi sur les visites domiciliaires. Le texte ne vise pas les citoyens qui hébergent les migrants du Parc Maximilien. "Il n'est nullement question de criminaliser la solidarité, et les citoyens qui hébergent les migrants du Parc Maximilien ne sont pas concernés par ce projet", a-t-il assuré dans un communiqué.

La Commission de l'Intérieur de la Chambre examinera demain le projet de loi qui autorise ces visites domiciliaires en vue d'arrêter un étranger en séjour illégal, à certaines conditions, à commencer par l'autorisation d'un juge d'instruction. Le dispositif s'appliquera à des migrants dont les demandes d'asile, de régularisation humanitaire ou médicale ont été rejetées, après la délivrance d'un ordre de quitter le territoire et l'épuisement de toutes les voies de recours.

"Les citoyens qui hébergeraient une personne en situation illégale ne risquent absolument rien. Prétendre le contraire est un mensonge", a ajouté M. Chastel.

Dimanche, quelque 3.000 citoyens se sont rassemblés autour de la Gare du Nord et du Parc Maximilien pour former une chaîne humaine afin de protester contre les arrestations de migrants annoncées par le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon. Elles répondaient à un appel lancé 48 heures plus tôt par la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés.

Le président des Réformateurs estime là encore que les citoyens sont mal informés.

"L'action menée par les citoyens qui hébergent les migrants est noble. Mais ils sont malheureusement mal informés. Leurs gestes de solidarité attirent l'attention des passeurs qui exploitent ces migrants fragilisés en leur laissant espérer qu'ils pourront atteindre via la Belgique un pseudo-eldorado anglais, où des contrôles existent et où ils évolueront dans une zone grise, sans protection sociale et sans statut légal. Le destin promis à ces migrants n'est guère enviable", a-t-il affirmé.

"La Belgique est un Etat de droit", a encore souligné M. Chastel, en rappelant que chaque migrant qui se sent en danger dans son pays peut demander l'asile.

"C'est le rôle d'un Etat d'identifier les personnes qui séjournent sur son territoire. Les personnes qui font le choix de rester en marge de la société, parce qu'en situation illégale ou déboutées de leur demande d'asile, doivent être renvoyées vers leur pays d'origine, dans le respect des conventions internationales", a-t-il ajouté.