Belgique

Le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration a appelé ses homologues européens à se joindre à la Belgique dans une affaire l'opposant à une famille syrienne devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

Cette famille d'Alep, à qui la Belgique avait refusé un visa lui permettant par la suite d'introduire une demande d'asile, avait déjà porté son cas devant la cour européenne de justice l'an passé, sans obtenir gain de cause.

Selon Theo Francken, la plainte actuelle porte sur la violation du principe de non-refoulement, qu'elle interprète de manière "extrêmement large", en supposant que l'on ne peut refuser de visa à ceux qui sont menacés de traitements inhumains dans leur pays mais aussi à tous ceux qui sont menacés de manière générale.

"Des visas de courte durée avec l'unique objectif d'introduire une demande d'asile sont absolument inenvisageables. Avec ce système, on élargirait les frontières de Schengen à chaque ambassade ou consulat européen à travers le monde", a estimé le secrétaire d'Etat.

Mardi, lors d'un Conseil à Luxembourg, M. Francken a dès lors appelé ses homologues à se joindre au point de vue belge et à signaler auprès de la CEDH leur volonté de prendre part à la procédure.

Theo Francken veut revoir l'interprétation de l'article 3

​Le secrétaire d'Etat Theo Francken n'a pas voulu dire que l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme devait être contourné, mais bien l'interprétation "large" qu'en a faite la Cour européenne des droits de l'homme, a corrigé son cabinet dans une réaction à Belga.

"Le problème ne réside pas tant dans la Convention européenne des droits de l'homme en elle-même (qui est en partie un texte de son époque) mais bien dans l'interprétation large qu'en ont faite les juges de Stasbourg", a indiqué le cabinet Francken.

"Nous constatons cette interprétation large dans divers domaines, et aussi en matière de migration (arrêt sur les push-backs, arrêts sur les transferts grecs de la procédure Dublin, jugement sur les terroristes renvoyés, etc.)", expose le cabinet Francken.

Les propos du secrétaire d'Etat N-VA, prononcés dans des interviews en marge d'une réunion des ministre en charge des affaires migratoires à Luxembourg, ont suscité une forte indignation dans l'opposition francophone.

L'UE répond à Francken

L'approche australienne de l'immigration, qui consiste à refouler de manière radicale toute personne non pourvue d'un visa en bonne et due forme, ne sera "jamais suivie en Europe", a affirmé mardi le commissaire européen en charge de la Migration, Dimitris Avramopoulos, en réaction à des propos de Theo Francken (N-VA).

A son arrivée à cette réunion, le secrétaire d'Etat belge avait affirmé qu'il plaiderait auprès de ses homologues pour la méthode adoptée par l'Australie en matière de migration.