Belgique Bart De Wever flingue à nouveau le président du PS.

Bart De Wever s’est confié ce samedi au journal l’Echo depuis l’hôtel de ville d’Anvers. Une fois de plus, le président de la N-VA ne mâche pas ses mots. "Il faut dire ce qui est : on a fait du bon travail, nous ne sommes pas au bout du chemin, certainement pas en matière budgétaire, mais des réformes très importantes ont été initiées, des réformes capitales tant pour l’avenir de la Flandre que de la Wallonie et qui n’auraient jamais pu voir le jour avec un gouvernement Di Rupo. Est-ce que le palmarès de ce gouvernement est suffisant ? Pas encore et c’est pourquoi nous devons continuer. Il y a des domaines où je suis déjà particulièrement satisfait du job qui a été fait. Prenez l’asile et l’immigration. Avant, avec Melchior Wathelet, c’était la porte grande ouverte aux criminels étrangers illégaux, tout cela est derrière nous."

Il y a les actes et il y a la perception de ces actes. "La perception de ce que nous faisons est parfois mauvaise. On a manqué l’occasion d’avancer plus loin et plus fort dans les réformes l’automne dernier. Maintenant, il est clair que nous devons en faire davantage sur le socio-économique et sur le budgétaire. Ce n’est pas facile, on va devoir avancer sur la réforme de l’impôt des sociétés. Qu’on en finisse une bonne fois pour toutes avec la jungle des niches fiscales. Vous savez, tous ces régimes de faveur qui ont été attribués au fil des ans par des gouvernements socialistes. Les entrepreneurs ont besoin de stabilité."

Comment, alors, avoir plus de justice fiscale dans ce pays ? "J’en ai marre d’entendre qu’on n’aurait rien fait pour les plus bas salaires. Il n’y a rien de plus social que le tax shift : plus le salaire est élevé, moins on profite du tax shift. Je sais très bien que le CD&V a besoin d’un symbole, je ne l’attaque pas en disant cela, mais la taxation des plus-values, pour nous, c’est un truc fiscal qui n’existe pas et avec lequel on va nous ennuyer à chaque coin de rue. Et d’ailleurs, je comprends le blocage psychologique du VLD là-dessus : pendant des années, avec les socialistes, ils l’ont refusée et maintenant ils devraient l’accepter. Et puis, c’est aussi l’impôt le plus anti-flamand qu’on puisse imaginer : qui va payer cela ? Les Flamands. Allez, c’est la raison pour laquelle ça ne pose aucun problème en Wallonie, cette taxe. Donc, oui, je reste contre une taxation sur les plus-values."

Et l’argent pour revenir à l’équilibre budgétaire, où le trouver ? "Dans la sécurité sociale, c’est la maladie belge. Il y a une surconsommation dans la sécurité sociale et tant qu’on ne réglera pas cela, nos problèmes vont continuer. On a déjà bien réduit les dépenses mais on doit faire davantage. Les dépenses en sécurité sociale per capita sont encore bien trop importantes. Historiquement, notre pays a toujours trop dépensé par rapport à son PIB, au contraire des pays scandinaves ou des Pays-Bas."

La fusée anti-socialiste est désormais en orbite. "Moi, je ne veux pas me diriger vers un système soviétique où il n’y a que des pauvres. Ce système, c’est le PTB ! Personne n’a rien, à part le parti."

Quelles conséquences à cette montée du PTB ? "Mais c’est potentiellement énorme. La Belgique est une double démocratie, ce n’est même plus mon opinion, c’est un fait. Si on doit à l’avenir essayer de faire un gouvernement avec un PTB à 20 % et un PS à 20 %, c’est impossible. Et c’est le risque quand on voit à quel point, politiquement, Di Rupo est devenu un mort-vivant, avec tout le respect que j’ai pour lui. Dans le paysage politique wallon, Di Rupo est devenu un problème pour son parti plutôt qu’une solution."


"Bart De Wever a toujours en tête de désintégrer notre pays"

D’après le PS, la Belgique est le seul pays européen où les travailleurs ont vu leur pouvoir d’achat régresser en 2016.

"Force est de constater, d’après l’interview donnée dans L’Echo du jour, que le principal parti de la majorité fédérale continue de vouloir faire payer les errements budgétaires du gouvernement aux citoyens", a réagi le PS dans un communiqué. "Il manque plus de six milliards d’euros pour atteindre l’équilibre budgétaire malgré l’impressionnante liste de mesures d’austérité déjà prises qui détériorent gravement la qualité de vie de nos concitoyens. Une fois encore, la seule piste évoquée pour combler le déficit est la Sécurité sociale, c’est-à-dire de nouveaux efforts demandés aux citoyens. Et, comme Bart De Wever a toujours en tête de désintégrer notre pays, il s’attaque à ce qui constitue l’instrument de solidarité entre le Nord et le Sud du pays, en d’autres termes au ciment de l’unité nationale !"

D’après le PS, la Belgique est le seul pays européen où les travailleurs ont vu leur pouvoir d’achat régresser en 2016. Le saut d’index est la mesure principale expliquant la régression du pouvoir d’achat des travailleurs : une perte de 400 euros/an pour un salaire moyen; et un transfert par an de 2,5 milliards des salariés vers les revenus du capital, selon lui : "La modération salariale est la seconde raison la plus importante expliquant la régression du pouvoir d’achat des travailleurs. L’évolution des salaires réels se détériorera davantage encore par la réforme de la loi de 1996 relative à la compétitivité salariale adoptée le mois passé", assure le parti.

Sur les deux dernières années, la Belgique a connu la plus forte augmentation des prix de tous les pays de la zone euro. Cela confirme que la politique économique du gouvernement Michel ne fonctionne pas, ajoute-t-il encore : "Les prix augmentent plus qu’ailleurs; nous devenons donc moins compétitifs ! Le tax shift a donc bien été un cadeau au capital (les baisses de cotisations ne se sont pas traduites par une diminution des prix) mais les hausses des taxes sur la consommation ont par contre bien augmenté les prix et fait diminuer le pouvoir d’achat, en particulier des ménages moins aisés. Faut -il rappeler que dans ce cadre d’austérité la sécurité sociale est le pilier qui a permis à notre pays de résister face à la crise libérale et financière de 2007-2008 dont nous payons encore les conséquences aujourd’hui ? Pour le PS, les attaques incessantes contre la Sécurité sociale n’ont pas d’autre objectif que de masquer l’échec de la politique économique et budgétaire du gouvernement MR N-VA", conclut le PS.