Belgique Le député claque la porte de son parti

BRUXELLES Cela faisait une semaine qu'il laissait planer le doute. Vendredi matin, Vincent Decroly l'a levé, annonçant sa décision de quitter le parti Écolo.
Il ne démissionnera pas de son mandat parlementaire pour autant, comptant bien l'assumer jusqu'au bout. Ensuite, comme il l'avait déjà annoncé, il ne se représentera de toute façon plus `sur aucune liste´.
En posant ce geste, l'ex-membre de la Commission Dutroux explique vouloir protester contre le trop grand éloignement des Verts par rapport au programme sur la base duquel ils ont été élus en juin 1999.À ses yeux, Écolo est un parti en pleine dérive, qui `tend de plus en plus à s'apparenter à un nouveau PSC, c'est-à-dire un parti du centre qui pratique un autre discours".
Tout était né du speech de rentrée à la Chambre du Premier ministre, le 9 octobre dernier. Le texte, qui balisait le programme du gouvernement fédéral pour les douze mois à venir, avait provoqué une profonde indignation de Vincent Decroly. Il le taxait de bien trop imprégné d'accents libéraux, au mépris des idées de gauche, notamment en matière d'aide aux plus démunis.
Le lendemain, prenant la parole à la tribune, il annonçait son intention de voter désormais avec l'opposition, tout en continuant à siéger au sein du groupe Ecolo-Agalev. Celui-ci l'avait pourtant mis en quarantaine. Vendredi passé, lors d'un conseil de fédération du parti à Namur, Vincent Decroly avait plaidé sa cause. Il n'avait obtenu qu'un encommissionnement de son dossier pendant un mois.
Une semaine plus tard, il a donc finalement décidé lui-même de claquer la porte du parti qu'il avait rejoint en 1982 et au sein duquel il irritait de plus en plus de cadres, alors que son discours intégriste séduisait une partie non négligeable de la base.

Mandat

`C'est une rupture, un au revoir sinon un adieu à Ecolo", explique-t-il, n'acceptant l'hypothèse d'un retour possible que si vraiment Ecolo devait corriger le tir concernant la politique qu'il mène `et pas dans un souci purement électoraliste à la veille du retour aux urnes´.
Ecolo a pris acte vendredi de cette décision, que ses dirigeants qualifient de `geste de désespoir envers l'action politique´. Ils regrettent que leur ex-député n'ait pas attendu les résultats du groupe de travail planchant sur son dossier avant de prendre attitude.
Ils regrettent aussi de ne pas voir M. Decroly respecter les statuts du parti qui prévoient que si on le quitte, on remet tous ses mandats. En l'occurrence, M. Decroly aurait donc dû démissionner du Parlement.
`Les statuts ne sont pas à géométrie variable´, rétorque le député. `Il y a une série de décisions qui ont été prises ces derniers mois par la direction d'Ecolo sans respect des procédures et des structures internes du parti. Le dernier exemple en date est la décision prise par les ministres écolos d'avaliser les frappes sur l'Afghanistan´.
Ce samedi, les Verts se réunissent à Namur pour parler du budget 2002. Nul doute que le nom de Vincent Decroly sera sur bien des lèvres...