Belgique

Elle a choisi de témoigner en son âme et conscience. Maintenant. Pas avant. Elle ne souhaitait pas lever totalement le voile sur son histoire d’amour passée, tant que le roi Albert II était toujours sur le trône. Aujourd’hui, Sybille de Sélys Longchamps a rejoint publiquement le combat mené par sa fille, Delphine, pour que soit reconnue sa filiation. Au travers d’un documentaire exclusif (Notre fille s’appelle Delphine) filmé durant un an par un journaliste de la chaîne flamande Vier - et qui sera diffusé ces 4 et 11 septembre à 19h45 sur RTL-TVi -, la femme pour laquelle le roi Albert II, alors Prince, aurait souhaité quitter Paola, révèle des documents d’époque jamais vus… et qui modifient quelque peu le portrait de famille présumé.

Sur l’un de ces clichés, que publie en exclusivité Paris Match cette semaine, Delphine, enfant, marche aux côtés de sa mère et d’Albert. "Je ne savais pas qu’il était le Prince." Pour l’enfant, c’était "le grand ami" de sa mère. "Je l’appelais Papillon", confie-t-elle dans les colonnes du magazine. L’interview avait été réalisée par Match il y a plusieurs mois, alors qu’Albert II régnait toujours sur la Belgique. Delphine Boël et sa mère, Sybille de Sélys Longchamps, y ouvraient leurs cœurs. Ensemble pour la première fois. Elles posaient également côte à côte. Mais les deux femmes avaient demandé que cet entretien reste secret, jusqu’au jour où…

Ce jour est donc arrivé. La baronne s’est confiée face caméra sur cette relation interdite, dont la fin aurait provoqué la dépression d’Albert, qui avait déjà demandé le divorce. Dans Paris Match, sa fille Delphine, aujourd’hui en pleine procédure judiciaire (qui s’ouvrira le 3 septembre) pour obtenir officiellement la reconnaissance de ses liens de sang avec Albert II, dit n’avoir découvert la vérité sur sa naissance qu’à ses 17 ans. "Ensuite, entre 17 et 32 ans, je n’ai rien dit." Jusqu’à ce qu’une biographie rédigée par Mario Danneels, en 1999, fasse tout éclater.

Aujourd’hui, Delphine confie avoir effectué plusieurs tentatives d’approche auprès de notre précédent Roi. Des appels restés sans réponse. Mais pour la femme de 45 ans : "Mon père pourrait être un meurtrier en prison. Peu importe qui il est, il est et reste mon père." Sa mère, Sybille de Sélys, sait que la raison d’État a toujours été la plus forte. "Ça ne venait peut-être pas d’Albert. C’était sans doute une forme de censure de l’entourage."

Et si, à l’époque, Albert n’a finalement pas quitté Paola pour elle, selon Sybille, c’est en raison de conditions alors imposées au Prince par le pouvoir en place, qui restreignaient fortement son droit de visite sur ses propres enfants.

Désormais, avec cette publication dans Paris Match et dans le documentaire d’Eric Goens d’une photo montrant le prince Albert en compagnie de Delphine et de sa mère, Sybille nous offre un autre éclairage sur cette histoire. "Il était toujours très gentil avec Delphine", dit-elle dans le reportage de la Vier. Un cliché attendrissant.

 Mais qui, juridiquement, ne devrait rien prouver.

Trois documents clef récupérés par le réalisateur Eric Goens auprès de Sybille de Sélys et qui donnent un caractère exceptionnel au document diffusé en avant-première sur la chaîne flamande Vier.