Belgique

Le syndicat socialiste a décidé mardi de rompre la concertation sociale

BRUXELLES La secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne, a jugé sévèrement la ministre fédérale de l'Emploi, Monica De Coninck (sp.a), à qui le gouvernement a demandé mardi soir de tenter de renouer le dialogue entre les partenaires sociaux. "Une ministre de l'Emploi est censée mettre de l'huile dans les rouages. Or, elle met des grains de sable", a expliqué mercredi Mme Demelenne, interrogée sur "La Première". Et d'ajouter: "Elle ne remplit pas son mandat correctement".

Le syndicat socialiste a décidé mardi de rompre la concertation sociale estimant "inacceptable que le gouvernement se soit fait le relais des demandes patronales", en pointant le gel des salaires décrété par le gouvernement ainsi que la révision du panier relatif à l'indexation des salaires.

"Le gouvernement nous a confisqué le coeur même de ce qui constitue la concertation sociale", estime Mme Demelenne.

"La coupe est pleine", a-t-elle lancé, tout en mettant en avant la disposition qu'a montrée la FGTB à négocier dans une période particulièrement difficile.
"Nous avons montré notre bonne volonté mais la bonne volonté doit se trouver de l'autre côté", a-t-elle souligné.

Dans les partis de la majorité, l'Open Vld s'est montré particulièrement critique à l'égard du syndicat socialiste. Mardi, lors de son arrivée au comité ministériel restreint, le vice-premier ministre Alexander De Croo, s'est demandé si la FGTB constituait encore un partenaire social. "C'est une organisation qui est contre tout! ", a-t-il déploré.

"Nous n'avons pas de leçon à recevoir de quelqu'un qui a fait sauter le gouvernement", a répondu Mme Demelenne, en rappelant les 500 jours de crise qui avaient suivi les élections de juin 2010.

La vice-première ministre PS, Laurette Onkelinx, disait mardi comprendre les "crispations" actuelles dans la concertation sociale. Mercredi, sur les ondes de la VRT, son collègue du sp.a, Johan Vande Lanotte, s'est montré moins compréhensif.

Le socialiste flamand a regretté l'attitude de la FGTB tout en constatant qu'un ajournement de la concertation sociale était presque devenu la règle ces dernières années. Il ne tire pas un trait pour le moment sur la concertation, à la différence de libéraux qui souhaitent que le gouvernement fédéral prenne maintenant les décisions qui s'imposent. "Nous parlons avec la FGTB, et nous le ferons encore", a-t-il ajouté. La ministre De Coninck a d'ailleurs été chargée de nouer des contacts informels avec les partenaires sociaux. "Mais le gouvernement prendra de toute manière ses responsabilités", a-t-il précisé.

Les premières propositions que le groupe des 10 a présentées vendredi au comité ministériel restreint constituent un "paquet honorable", juge encore le vice-premier ministre qui rejette les critiques adressées au gouvernement. Une décision était attendue le 18 février et un effort de plus de 700 millions d'euros est prévu, a-t-il fait remarquer.

Au total, 543 millions d'euros sont prévus pour une diminution des charges sur le travail, visant les trois premiers emplois dans une entreprise, le soutien aux bas salaires, une diminution des charges patronales et une diminution de cotisations plus ciblée sur l'horeca et la construction dans le cadre de la lutte contre la fraude. Pour permettre une liaison au bien-être des pensions les plus basses et des allocations sociales, une enveloppe de 183 millions d'euros est prévue. Il en va de même à hauteur de 33 millions d'euros pour les revenus d'intégration et les "Grapa" (garantie de revenus pour les personnes âgées).

© La Dernière Heure 2013