Belgique Ceux-ci ont été installés début juillet dans trois gares internationales.

“Les portiques, leur installation, c’était un coup de com’pour rassurer la population. Mais il faut arrêter de rêver, ce n’est pas avec ça qu’on va arrêter qui que ce soit.”
Plusieurs agents Securail, qui ont demandé à témoigner sous couvert d’anonymat, doutent de l’efficacité des portiques de sécurité installés dans les grandes gares du pays (Bruxelles-Midi, Anvers-Central et Liège-Guillemins).

Leur critique se base sur la nature même des contrôles : ceux-ci ne peuvent être effectués qu’en présence de policiers, généralement issus de la police des chemins de fer. Or, ce n’est un secret pour personne, celle-ci est en sous-effectif. En région bruxelloise, comme vous le révélait la DH il y a quelques semaines, au moins 50 % des patrouilles ne peuvent plus être réalisées dans les gares bruxelloises faute de personnel suffisant. Selon le ministre compétent, Jan Jambon (N-VA), une réforme est actuellement étudiée afin d’augmenter le cadre organique de la police des chemins de fer.

Outre le manque de personnel, les agents de la SNCB pointent du doigt le côté aléatoire des contrôles. “Des voyageurs transportant des objets interdits ou dangereux passent entre les mailles du filet”, s’énerve un agent Securail. “Bref, ceci est un vrai cirque qui ne sert à rien, qui ne protège en rien les voyageurs et qui coûte très cher.”

Du côté de la SNCB, on rappelle qu'il a toujours été question de mener les contrôles de façon aléatoire et non permanente. "C'est tout à fait normal et c'est ainsi que l'avaient décidé les autorités fédérales. N'importe qui peut se faire contrôler à n'importe quel moment", commente Elisa Roux, porte-parole de la SNCB. "Ce dispositif fait partie des mesures décidées par le gouvernement fédéral dans le cadre de la lutte contre le terrorisme." La SNCB avait, elle aussi, pris des mesures pour renforcer la sécurité dans les gares, comme l’installation de caméras supplémentaires et le recrutement de plus d’une centaine d’agents Securail.

Pour rappel, une enveloppe d’environ 17 millions d’euros a été débloquée pour l’achat du matériel et l’engagement du personnel nécessaire pour réaliser lesdits contrôles. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, près de 150 objets métalliques dangereux ont été saisis dans les trois gares internationales du pays depuis l’installation de portiques en juillet dernier.