Belgique

Des écoutes téléphoniques versées à l'instruction du dossier Kazakhgate à Mons suggèrent que tous les acteurs de l'affaire n'ont pas encore été identifiés, révèle jeudi une enquête conjointe du Soir, du Vif et du Standaard. 

Les trois médias ont eu accès au contenu de ces écoutes dont l'existence avait déjà été révélée par la presse. Elles ont été réalisées dans un autre dossier judiciaire, l'affaire Salik, une enquête de présumée corruption de fonctionnaires monégasques. Le contenu des écoutes fait référence à un volet du Kazakhgate. Le nom du magistrat du Parquet général de Bruxelles Jean-François Godbille y a été évoqué, entraînant, privilège de juridiction oblige, une aspiration de l'information judiciaire relative par le Parquet général de Bruxelles, puis, sur décision de la Cour de cassation, un renvoi à Mons en raison du conflit d'intérêt se présentant, et une mise à l'instruction.

Ce volet du Kazakhgate ressorti des écoutes a trait à un don de 25.000 euros prétendument organisé par l'Ordre de Malte - mais dont l'existence a été réfutée par celui-ci - au départ de l'avocate française Catherine Degoul, engagée par ailleurs par l'Elysée pour exonérer de poursuites en Belgique le trio kazakh Chodiev et consorts, finalement bénéficiaire en 2011 de la toute nouvelle loi de transaction pénale élargie. Maître Degoul a affirmé aux enquêteurs français avoir effectué ce don, à la demande de l'ex-président du Sénat Armand De Decker, conseil associé de Mme Degoul pour l'Elysée. Il était destiné aux œuvres de la princesse Lea de Belgique puis, au final, à une association scoute alors dirigée par Jean-François Godbille.

Le Soir, Le Vif et le Standaard révèlent jeudi le contenu d'écoutes de conversations téléphoniques entre Pierre Salik, magnat du jean, et son avocat Olivier Bonhivers. Ce dernier y indique que les journalistes ne connaissent pas tous les intervenants de l'affaire du Kazakhgate. Pierre Salik répond: "il est clair qu'il y a l'intervention de la crapule... auprès du petit bonhomme qu'on connaît..." 

Il fait également référence à un certain Roger qui connaît Lea et à qui la princesse "ne veut pas remettre la lettre". Il prévient aussi que "Lea ne doit pas citer le nom de..." L'avocat mettra fin à la conversation en disant qu'"il ne faut pas parler de ça au téléphone".

Ces révélations interviennent alors qu'à la Chambre, la commission d'enquête parlementaire Kazakhgate est sur le point de conclure ses auditions avec une potentielle vidéoconférence du milliardaire Patokh Chodiev.