Belgique Le lanceur d’alerte à l’origine du renseignement avait nommément désigné les deux entreprises à l’origine de la fraude.

La crise des œufs contaminés dépasse désormais les frontières de l’Europe, avec des produits identifiés à Hong Kong selon la Commission européenne qui a convoqué les pays de l’UE concernés et leur demande d’arrêter de se rejeter mutuellement la faute. "Nous devons travailler ensemble pour tirer les leçons nécessaires et avancer plutôt que perdre de l’énergie à désigner des coupables" , a asséné vendredi le commissaire européen à la Santé Vytenis Andriukaitis.

Le commissaire a convoqué une réunion des ministres et des représentants des agences de sécurité alimentaires dans tous les pays de l’UE impliqués, "dès que l’ensemble des faits sera à notre disposition", a priori le 26 septembre. L’Allemagne et la France - où quelques fermes sont bloquées - ont vertement tancé la Belgique et les Pays-Bas.

Dans ces deux pays, plus de 200 élevages de poules pondeuses ont été contaminés après la désinfection des lieux avec des produits contenant du fipronil, un insecticide dont l’usage est pourtant strictement interdit dans le secteur avicole.

La Belgique a accusé les Pays-Bas d’avoir traité avec légèreté une information anonyme reçue en novembre 2016 sur l’utilisation de fipronil dans les élevages néerlandais. Le lanceur d’alerte à l’origine du renseignement, Nick Hermsen, a enfoncé le clou en racontant vendredi aux médias qu’il avait nommément désigné les deux entreprises à l’origine de la fraude : le distributeur de produits sanitaires belge Poultry-Vision et la firme de désinsectisation ChickFriend.

M. Hermsen se présente comme un ancien associé du dirigeant de Poultry-Vision. "Dans toute crise, des erreurs sont commises. C’est absolument le cas pour celle-ci", a reconnu jeudi la ministre néerlandaise de la Santé Edith Schippers. "Mais il n’y avait aucune indication que du fipronil s’était retrouvé dans les œufs à ce moment-là", a-t-elle ajouté pour expliquer pourquoi les autorités n’avaient pas procédé à des contrôles dès fin 2016.

Le scandale, apparu au grand jour la semaine dernière avec le retrait de millions d’oeufs des supermarchés néerlandais et allemands, couvait en fait depuis plusieurs mois.

En Belgique, l’agence de sécurité alimentaire remonte jusqu’à janvier 2017 dans ses contrôles des élevages bloqués, selon Danny Coulier, patron de l’organisation représentant le secteur avicole.

À l’origine de l’affaire, l’utilisation du fipronil par des sociétés de désinfection intervenant dans des exploitations agricoles aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne et dans le Pas-de-Calais (nord de la France).

Selon la Commission européenne, des œufs suspects ont été distribués - frais, cuits ou sous forme liquide - en Suisse, à Hong Kong, en France, en Suède, au Royaume-Uni, en Autriche, en Irlande, en Italie, au Luxembourg, en Pologne, en Roumanie, en Slovaquie, en Slovénie et au Danemark. Au total, 17 pays, dont 15 membres de l’UE, sont donc touchés.

Hong Kong a déclaré samedi que les autorités locales renforçaient leurs contrôles.