Belgique

"Les syndicats ont décidé de protester et il n'appartient pas au gouvernement d'en juger"

BRUXELLES Le premier ministre Elio Di Rupo a défendu, jeudi à la Chambre, la réforme des pensions. C'est une réponse au vieillissement de la population, indispensable pour l'assainissement des finances publiques et l'avenir de la sécurité sociale, a-t-il dit. M. Di Rupo a été interrogé sur la grève de ce jeudi et sur les réponses que le gouvernement compte apporter aux tensions sociales.

Il a insisté sur le fait que rien ne changeait pour les personnes qui sont actuellement pensionnées. Il a aussi rappelé qu'on ne touchait pas à l'âge légal de la pension, à savoir 65 ans.

"Les syndicats ont décidé de protester et il n'appartient pas au gouvernement d'en juger", a dit M. Di Rupo. Le gouvernement, a-t-il assuré, comprend que la mise en oeuvre de réformes provoque le malaise, "mais la grève ne facilite pas toujours le dialogue".

Pour lui, les actions "traduisent une accumulation de préoccupations" car beaucoup de citoyens ont eu peur pour le pays et ont aujourd'hui encore peur pour leur avenir, pour leur emploi.

Toutefois, a-t-il ajouté, la réforme des pensions est indispensable pour répondre au vieillissement de la population, pour garantir l'avenir de la sécurité sociale et l'assainissement des finances publiques. De plus, les mesures à prendre devaient l'être avant le 31 décembre.

Au nom du gouvernement, il a confirmé sa volonté de maintenir le dialogue social. "Le gouvernement plaide pour une reprise de la concertation et espère que les explications fournies permettront à chacun d'agir en fonction de la gravité de la situation", a-t-il conclu.

Elio Di Rupo répondait ainsi aux questions des députés Ecolo/Groen Georges Gilkinet et Wouter De Vriendt ainsi qu'à celle de Catherine Fonck (cdH) et Stefaan Vercamer (CD&V). Tous les quatre ont regretté l'absence de concertation préalable et le manque d'informations précises. Siegfried Bracke (N-VA) quant à lui s'est demandé si le gouvernement allait céder devant la pression de la rue.

© La Dernière Heure 2011