Belgique

Le double rendez-vous électoral approche. Et les deux présidents de parti que tout oppose se positionnent déjà...

Les communales, c'est le 14 octobre déjà. Mais cela n'empêche pas le sérail politique de se positionner sur un autre rendez-vous électoral majeur : les législatives de mai 2019. Le président du PS Elio Di Rupo annonce ainsi sa préférence en matière de coalition potentielle future en vue des élections communales d'octobre, mais aussi des législatives de 2019 : une alliance PS-Ecolo-Défi, déclare-t-il au Soir. Il répond ainsi à la volonté du MR d'exclure le PS et de reconduire les majorités actuelles (avec le cdH en Wallonie et la Suédoise au fédéral, NDLR). Elio Di Rupo, qui ne dévoile habituellement pas ses cartes, appelle cette alliance la "coalition du progrès".

Il se détourne donc du cdH, à l'origine de l'exclusion du parti socialiste du gouvernement wallon à l'été 2017.Le PTB ne fait pas non plus partie de son choix de prédilection: "Le PTB n'est malheureusement pas une solution. (...) Zakia Khattabi a eu cette image très juste: quand on l'écoute, le PTB est prêt à participer au gouvernement si un jour les éléphants ont des ailes... Autrement dit: si un jour les poules ont des dents. Ça veut dire que les voix sont perdues. Toutes celles et ceux qui voteront pour le PTB voteront indirectement pour la reconduction de la coalition MR - N-VA."

DéFI renvoie le PS et le MR dos à dos

DéFI a renvoyé dos à dos lundi les présidents du PS et du MR à propos des choix d'alliance qu'ils font en vue du scrutin de mai 2019. Il y voit des jeux de communication alors que des coalitions PS-MR se dessinent dans plusieurs communes. "Je laisse à Olivier Chastel et Elio Di Rupo la responsabilité de leurs préférences personnelles d'alliances. Ce sont des positionnements qui font fi de la la volonté des électeurs. DéFI n'est pas dupe de ce jeu de communication alors que l'axe PS-MR est annoncé dans nombre de communes", a lancé le président, Olivier Maingain, sur Twitter.

Interrogé dans "Le Soir", le président du PS, Elio Di Rupo, a dit sa préférence pour des alliances avec DéFI et les écologistes, qu'il présente comme des coalitions progressistes. Il y voit la seule façon d'éviter un gouvernement Michel II, réunissant les libéraux, la N-VA et les chrétiens-démocrates.

Le président des socialistes francophones répondait de la sorte à son homologue du MR, Olivier Chastel, qui s'est prononcé vendredi en faveur d'une reconduction des alliances en place en Wallonie (MR-cdH) et à l'échelon fédéral (MR, N-VA, Open Vld, CD&V).

Bart De Wever verrait bien la N-VA prendre la main sur l'enseignement, partant pour un nouveau tour avec le MR au fédéral

Parlons de la N-VA, justement. Le président du parti flamand, Bart De Wever, verrait bien l'institution qu'il préside prendre les rênes de l'enseignement néerlandophone à l'issue des élections de mai 2019, a-t-il affirmé lundi dans l'émission De Ochtend (VRT radio). "Ce n'est pas une attaque contre (l'actuelle ministre, la CD&V) Hilde Crevits, mais je prendrais volontiers ce ministère de l'Enseignement", a indiqué M. De Wever, après avoir tweeté vendredi sur une baisse du niveau d'enseignement au nord du pays. Il considère que l'enseignement a besoin d'un ministre qui soit "éloigné des réseaux", afin de pouvoir exercer davantage de pression sur eux.

Bart De Wever s'en prend notamment au réseau libre, responsable à ses yeux d'un "nivellement vers le bas" lorsqu'il met l'accent sur des matières "plus sympas" comme les compétences, plutôt que sur la connaissance, la maîtrise de la langue ou la pensée abstraite. Il pointe aussi du doigt l'élargissement du premier degré, les écoles du dialogue, l'abandon des examens de passage ou de l'enseignement en immersion linguistique, etc.

Quant à ses préférences de coalitions post-électorales, Bart De Wever confirme vouloir poursuivre avec les actuelles majorités, qui associent CD&V et Open Vld au gouvernement flamand, et le MR en plus au fédéral.

Au chef de groupe N-VA Peter De Roover qui déplorait pendant les vacances une trop faible empreinte de la N-VA sur les réalisations gouvernementales, Bart De Wever répond que ce n'était pas le cas en début de législature, mais il dit comprendre la frustration dès lors que l'électeur se souvient surtout de ce qui est récent.