Belgique

"Cher Elio, vous n’êtes pas la solution au problème. Vous êtes le problème". Voilà les mots, durs, avec lesquels Bart De Wever a terminé sa lettre publiée dans nos colonnes ce matin. Et Di Rupo n'a pas attendu pour y répondre.

Au micro de Martin Buxant sur Bel RTL, Elio Di Rupo s'en est pris à Bart De Wever, visiblement agacé par les propos du président de la N-VA. 

"Il perd son sang froid. Tous les membres du gouvernement perdent leur sang froid. Bart De Wever a une attitude inhumaine." commence d'entrée de jeu Elio Di Rupo, avant d'ajouter "normalement, dans notre pays, on soutient les parents qui perdent leur enfant. Ici, Bart De Wever a accusé les parents d'être responsables. Je trouve ça indigne."

"J'en ai assez des attitudes grossières de Bart De Wever. Les francophones doivent ouvrir les yeux. Bart De Wever méprise les Bruxellois et les francophones." a ajouté l'ancien Premier ministre.

À la phrase assassine de De Wever qui prétend que Di Rupo est "le problème", celui-ci rétorque: "Ce n'est pas "Di Rupo" qui crée la guerre en Syrie, ce n'est pas "Di Rupo" qui crée les problèmes au Kurdistan. Si ces gens viennent aujourd'hui, c'est parce qu'il y a la guerre chez eux. Et ils sont protégés par des conventions internationales. Est-ce que Monsieur Bart De Wever va se retirer des conventions internationales ? La politique migratoire doit être sérieuse et humaine, et européenne."

"Il drague l'extrême droite"

Et à propos du laxisme dénoncé par De Wever, Di Rupo s'énerve: "C'est là que c'est scandaleux. Ça fait 40 ans qu'il n'y a plus eu de ministre de l'intérieur socialiste. Et ce que dit Monsieur De Wever, c'est simplement du mépris à l'égard des francophones. Il flatte juste l'opinion publique. Il drague les voix des personnes qui votent à l'extrême droite (...). Avec lui, on a une politique uniquement pour les riches et les super riches.

Par rapport aux attaques à Liège du début de semaine, Di Rupo dénonce qu'un rapport indique que Herman était sur la voix de la radicalisation  Avec deux co-détenus très radicalisés. Ce rapport aurait été remis au ministère. "Quand le congé pénitentiaire a été accordé à Herman, là aussi, le rapport a été remis à la direction générale des détenus", ajoute Di Rupo. "Tout se concentre au ministère, qui relève de la compétence du ministre de la Justice. On sent un malaise. C'est regrettable que le Parlement n'ait pas pu avoir des explications claires."

Ce à quoi le journaliste demande si Di Rupo demande une démission du ministre de la Justice.

"Je n'ai jamais demandé des démissions. Je n'accable personne. Je demande simplement la clarté. Les familles ont le droit de savoir".

Pour ce qui est de la radicalisation en prison, Di Rupo conclut par ces mots: "Dans les prisons, ce qu'on doit faire, c'est de la pédagogie, du travail, pour les prisonniers qui sortent après 5 ans ou 10 ans de prison. Car actuellement, ce sont des bombes humaines. La récidive est à près de 40 %. Il faut changer les méthodes d'accompagnement à l'intérieur des prisons."