Didier Reynders se paye Guy Verhofstadt

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Belgique

Didier Reynders s'en est pris violemment à Guy Verhofstadt dont il juge de récents positionnements trop à gauche

BRUXELLES Le vice-Premier ministre Didier Reynders s'en est pris violemment lundi, au bureau du MR, au président du groupe libéral au parlement européen, l'ancien Premier ministre Guy Verhofstadt (Open Vld), dont il juge de récents positionnements trop à gauche, rapporte mercredi La Libre Belgique.

Guy Verhofstadt s'est félicité dimanche de l'élection du candidat socialiste François Hollande à la présidence de la République française après avoir, le 13 mars dernier, rapproché le président sortant Nicolas Sarkozy (UMP) de l'extrême droite.

"Que veut-il? L'Open Vld est crédité de 5 pc à Anvers. Il se tire une balle dans le pied. Le MR ne doit pas se laisser entraîner dans cette spirale", confie un participant au bureau du MR, qui affirme que les critiques de Didier Reynders ont été très applaudies.
De Morgen identifie aussi Louis Michel parmi ces critiques de l'ancien Premier ministre libéral flamand.
Certains considèrent que M. Verhofstadt est dicté par ses très fortes convictions européennes et sa volonté d'obtenir une gouvernance économique de l'Eurozone et la création d'euro-obligations; d'autres y voient un positionnement stratégique, dû à la haine l'opposant à un Nicolas Sarkozy qui a encore récemment lancé des menaces à l'égard de l'espace Schengen, selon La Libre.

Guy Verhofstadt n'aurait pas abandonné son rêve de présider la Commission européenne et est devenu au fil des ans un leader intellectuel de l'aile gauche et centriste du parlement européen, entretenant aussi de bons rapports avec les conservateurs du Parti populaire européen (PPE), ajoute le quotidien.

Dans les journaux du groupe Sud Presse, le député Denis Ducarme (MR) va plus loin: "je ne veux plus collaborer avec un groupe libéral dirigé par lui", lance-t-il à l'adresse de M. Verhofstadt.

Le député veut importer en Belgique plusieurs débats que Nicolas Sarkozy a lancé durant la campagne présidentielle, notamment sur un lien qu'il dresse entre immigration et extrémisme, sur le coût de l'immigration, l'immigration économique, les frontières européennes et le protectionnisme européen.

Le ministre wallon Paul Furlan (PS) a vivement réagi, jugeant sur Twitter que Denis Ducarme "surfe en eau trouble" en passant ainsi "à l'extrême de la droite", et se demandant s'il s'agissait d'un "pas avant l'extrême droite".

© La Dernière Heure 2012

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