Belgique Positions très fermes du VLD, Louis Michel réplique

BRUXELLES Le débat sur le droit de vote des étrangers non européens a occupé, ce week-end, le devant de la scène politique, en raison des positions très fermes adoptées, une fois encore, par le VLD.Selon nos confrères du Nieuwsblad op Zondag, le VLD est déterminé à faire traîner ce dossier jusqu'aux élections régionales de juin prochain et à le faire jouer contre son rival socialiste. Hugo Coveliers, le chef de groupe des libéraux flamands au Sénat, a d'ailleurs déclaré qu'il disposait de tout un arsenal de moyens pour ralentir la procédure: dépôt d'amendements, organisation d'auditions, justification de vote - le tout à répéter en séance plénière -, sans oublier de demander l'avis du Conseil d'Etat.

«Une fois le dossier clôt devant le Sénat, mon collègue de la Chambre, Rik Daems, fera la même chose», assure M. Coveliers.

Arme ultime: le recours devant la Cour d'arbitrage. Hugo Coveliers avait déjà indiqué samedi soir dans l'émission Coninx et Van Wijck (Canvas) qu'il pourrait y avoir recours. «Si cette loi est finalement adoptée, chaque citoyen a le droit - comme pour toute autre loi - dans les six mois qui suivent de demander son annulation devant la Cour d'arbitrage», explique-t-il.

Dans une réaction, le président du SP.A Steve Stevaert a pour sa part indiqué que son parti entendait mettre en oeuvre ce qui avait été annoncé avant les élections du 18 mai dernier et qui se trouve dans l'accord gouvernemental. «Je ne peux pas m'imaginer que la direction du VLD ne veuille pas appliquer cet accord ou joue un petit jeu électoral pervers», a-t-il ajouté.Lors de l'émission De Zevende Dag (VRT), il a été fait référence au récent sondage publié par des journaux néerlandophones dont il ressort que 80% des Flamands seraient opposés à ce droit de vote.Selon Hugo Coveliers, la question est de savoir s'il faut octroyer le droit de vote à des personnes qui refusent de prendre la nationalité belge. Cette dernière option est leur droit le plus complet, estime-t-il, mais ils ne doivent pas demander les avantages liés à la nationalité.Quant au ministre des Affaires étrangères, Louis Michel, il a réaffirmé son attachement à l'octroi du droit de vote aux étrangers non européens résidant en Belgique. «Le droit de vote des étrangers est un de mes combats les plus ardents.» Le ministre des Affaires étrangères s'exprimait peu après son arrivée au Sénégal, première étape d'une brève tournée en Afrique de l'Ouest qui devait le mener également samedi en Mauritanie.

«Donner aux étrangers non européens un droit qui est au coeur de notre système institutionnel, c'est favoriser leur intégration sur une base volontaire. C'est leur offrir une chance réelle de mieux comprendre et respecter nos institutions.» Selon M. Michel, accorder le droit de vote, «c'est nous permettre à tous, Belges et nouveaux Belges et étrangers, de partager le même destin, c'est aussi donner un exemple fort de tolérance, de l'impartialité et de l'exemplarité du modèle démocratique.»

M. Michel a aussi réclamé un débat sur le port du voile dans les écoles. «Il me paraît nécessaire d'oser débattre de la compatibilité du port du voile dans les écoles avec les valeurs de l'Etat laïc», a-t-il dit en soulignant que cette question devait être tranchée par le débat et l'échange «mais ne peut être étouffée par peur de la confrontation ou par calcul électoraliste».

© La Dernière Heure 2003