Belgique Ceux qui prêchent "la bonne parole" pendant deux ans n’ont pas la vie facile.

Vêtus de leur plus beau costume, d’une chemise blanche parfaitement repassée, d’une cravate et d’une plaquette noire caractéristique indiquant leur nom, les missionnaires mormons ne passent pas inaperçus.

Toujours par deux, ces jeunes âgés de 18 à 25 ans - généralement des hommes - sillonnent les rues du monde entier à la recherche de nouveaux adeptes.

Pour ce faire, ils sont encouragés à donner libre cours à leurs pouvoirs mystiques (intuition, révélations murmurées…)

On peut ainsi les trouver dans les gares ou les transports en commun. Malgré leur sourire qui semble gravé dans le marbre, les missionnaires mormons n’ont pas la vie facile. De nombreuses contraintes pèsent en effet sur ces jeunes, qui acceptent de quitter leur famille, leurs amis et leurs pays pendant les deux années que doit durer leur mission.

Les missionnaires mormons sont placés sous une étroite surveillance. Ils ne peuvent jamais être seuls, pour éviter qu’ils ne nourrissent des pensées incorrectes. Ils n’ont pas le droit d’ingurgiter la moindre goutte d’alcool, de thé ou de café ni d’approcher trop près du sexe opposé.

Toute forme de vie sexuelle est totalement prescrite si elle n’a pas lieu dans le cadre du mariage. "C’est difficile d’être missionnaire mais ça en vaut la peine. Je trouve que ça aurait été égoïste de me focaliser uniquement sur mes études alors que je pourrais aider les gens. Et quand c’est trop difficile, j’ai une conversation avec le Père Céleste, je lui exprime les sentiments de mon cœur et ça va mieux", explique, dans un français approximatif, un jeune mormon de 20 ans tout droit venu des Etats-Unis pour prêcher "la bonne parole" en Belgique, au Luxembourg et en France.

Les emplois du temps des missionnaires sont très chargés. Ils se lèvent tôt pour apprendre la langue des pays dans lesquels ils font leur prosélytisme et passent de nombreuses heures au contact de la population. Leur discours étudié docilement ne les protège pas de l’hostilité des personnes à qui ils s’adressent. Les insultes et portes claquées au nez font partie de leur quotidien.