Belgique

Elio Di Rupo a eu le courage de dépasser les intérêts de son camp


BRUXELLES On pourrait jouer les indécrottables optimistes. Faire semblant de ne pas voir combien l’unité du MR n’était déjà plus que de façade, hier matin, après les propos très durs tenus dès lundi soir par des élus FDF. Et, surtout, ne pas lire dans la position commune des syndicats une descente aux enfers pure et simple de la note Di Rupo, moins de 24 heures après sa publication.

Le réalisme force pourtant à le reconnaître : ce qu’on redoutait que les partis fassent dans la précipitation, ce sont les représentants des travailleurs qui s’en sont chargés ce mardi, en optant d’emblée pour un tir à l’arme lourde, visiblement proportionnel à leur désarroi.

Une fois encore, la tentative – aussi courageuse que superbement emballée médiatiquement – d’un négociateur de forcer la sortie de crise semble mal en point. À l’optimisme excessif des premières heures ne doit pourtant pas succéder trop vite le pessimisme des jours noirs. Car Elio Di Rupo qui, insistons-y, a eu le courage de dépasser les intérêts de son camp, doit aujourd’hui en avoir un autre : accepter d’écouter les inquiétudes profondes du terrain, toutes tendances syndicales – donc politiques – confondues.

Laisser entendre, depuis lundi soir, que son texte n’est amendable qu’à la marge tant il est déjà le fruit d’un équilibre subtil ne peut pas être une voie raisonnable. Car l’austérité forte qu’il prône dans son texte ne pourra s’instaurer qu’à un prix : un minimum d’adhésion, si pas de résignation.



© La Dernière Heure 2011