Belgique

Le président du PS, Elio Di Rupo, avance dans un livre de nombreuses propositions pour donner un "nouvel horizon à la gauche". "Nouvelles conquêtes" détaille celles-ci à l'heure où les socialistes francophones entament la dernière ligne droite de leur "chantier des idées". 

"Le socialisme, c'est quand la liberté arrive dans la vie des gens les plus pauvres", souligne le président du PS, citant Carlo Rosselli, l'un des artisans du socialisme réformiste.

Sur fond de critique en règle du néolibéralisme, l'ouvrage embrasse de nombreux domaines: emploi, écologie, protection sociale, économie, enseignement, culture, Europe, etc.

Elio Di Rupo déclare sa foi dans l'écosocialisme. "De nos jours, on ne peut plus être socialiste sans être écologiste", écrit-il. Il assigne à la Wallonie et à Bruxelles un objectif ambitieux: être les deux premières régions d'Europe sans gaz à effet de serre d'ici 2050. Il propose aussi d'interdire dès 2030 la vente de véhicules neufs roulant aux carburants fossiles.

L'emploi occupe une large part de ses réflexions. Le président socialiste détaille son projet d'une réduction collective du temps de travail. Il préconise de limiter l'écart salarial dans une entreprise à un rapport d'un à 15 et de créer des entreprises à co-décision associant dans la gestion travailleurs et détenteurs de capitaux.

D'ici 2030, il se fixe l'objectif d'éradiquer la pauvreté. Il plaide à ce titre pour l'individualisation des droits sociaux et un bonus social généralisé sous forme de complément financier qui permettrait aux revenus les plus bas d'atteindre le seuil de pauvreté, soit 1.115 euros pour une personne seule. Sous pression des libéraux, le PS avait accepté d'accroître la dégressivité des allocations de chômage. M. Di Rupo réclame désormais la suppression de celle-ci. Quelques sources de financement sont aussi dégagées: globalisation des revenus, contribution sociale généralisée, impôt sur la fortune, cotisation sociale sur la technologie, etc.

En matière d'enseignement, le président du PS veut une obligation scolaire à partir de 3 ans, une véritable gratuité de l'enseignement et un investissement supplémentaire de 2 milliards d'euros.

Parmi les propositions, figure encore celle d'une réglementation du cannabis dont la filière, de la production à la consommation, serait soumise à un contrôle étatique moyennant une politique forte de prévention.

Le rôle de l'État ainsi que la participation des citoyens sont amplement abordés. M. Di Rupo réitère sa proposition d'une "constituante citoyenne" pour définir les valeurs fondamentales de la Belgique et insiste sur la "démocratie contributive" par laquelle les citoyens pourraient, par exemple, proposer des amendements à des textes discutés dans des assemblées politiques.

Ce livre comporte une première partie autobiographique retraçant le parcours d'un enfant de mineur italien, orphelin de père à un an, devenu Premier ministre. "Mon enfance explique en grande partie l'objet de mes préoccupations", dit-il.

Elio Di Rupo s'ancre résolument à gauche. Il ne faut pas y voir là un changement de nature. "J'exprime ce que je suis", a-t-il souligné lors d'une présentation. "Si on me traite de gauchiste, c'est très bien".

"Nouvelles conquêtes" est publié aux éditions Luc Pire.