Belgique Une douzaine de commerces du centre-ville ont été saccagés par des émeutiers.

Le centre-ville de Bruxelles s’est réveillé dimanche avec la gueule de bois. Du côté de la Bourse, seuls les grillages renversés au sol rappellent les émeutes de la veille. Mais en marchant vers la gare du Midi, les stigmates sont nettement plus nombreux : des devantures de magasins fracassées, des feux tricolores arrachés du sol, des vitres de panneaux publicitaires brisées, des illuminations pour les fêtes de fin d’année arrachées…

Situé sur le boulevard Lemonnier, le magasin de meubles et de literie tenu par Frieda De Kerf depuis 1992 a été entièrement dévasté : vitrines explosées, meubles et lampes cassées, matelas brûlés… À la vue des dizaines d’allumettes consumées, on se dit que le pire a été évité. "Je suis contente car il n’y a pas eu de morts ni de blessés", commente la propriétaire des lieux qui demeure optimiste malgré des dégâts colossaux.

Ce sont les locataires des appartements situés au-dessus du magasin qui ont prévenu Frieda De Kerf samedi soir vers 22h30. "Quand ils m’ont téléphoné, ils ne voulaient pas descendre car ils étaient terrorisés. Avec les cris et l’odeur du brûlé, ils avaient l’impression que c’était la guerre. J’avais déjà eu mes carreaux brisés, mais jamais rien d’une telle ampleur", confie cette commerçante encore sous le choc.


Certains émeutiers ont même pénétré dans les appartements aux étages. Julien qui se trouvait chez des amis a retrouvé son domicile entièrement dévasté. Un extincteur a servi à forcer sa porte et de la mousse a été répandue partout à l’intérieur. Du matériel informatique et ses instruments ont été dérobés.

En face, c’est un magasin de nuit qui a subi l’assaut d’une trentaine de jeunes. Les vitres ont été fracassées et l’un des tenanciers a été blessé à la tête par un projectile. Les vandales sont repartis avec des boissons et des cigarettes. "J’ai vécu au Pakistan et en Angleterre et je n’avais jamais vu un truc pareil", confie Muhammad Ali.

Au total, une douzaine de magasins ont ainsi été mis à sac, rapporte Nour Eddine Layachi, président de l’association des commerçants Stalingrad-Lemonnier. "Les commerçants et les habitants du quartier sont choqués. Ce qu’ils ont vécu samedi soir, ce sont des scènes de guerre avec des voitures qui brûlent et des hordes de sauvages qui débarquent. Comment peut-on passer d’une fête à un tel carnage ?", s’interroge-t-il.

Dimanche après-midi, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close (PS) a rendu visite aux commerçants présents pour témoigner de son soutien et leur proposer une réunion avec les forces de l’ordre afin notamment d’évaluer la gestion de ces événements de la nuit de samedi à dimanche.