Belgique Des émeutes ont éclaté ce samedi soir à Bruxelles à la suite du match Côte-d'Ivoire-Maroc en vue d'une qualification pour le Mondial 2018. Entre 2.000 et 3.000 supporters s'étaient réunis pour fêter la victoire du Maroc. Un rassemblement qui a dégénéré. Certains critiquent le temps d'action des pompiers et policiers de la ville.

213 personnes ont été blessées dont 22 policiers. Des commerces ont été saccagés et pillés, des voitures incendiées. C'était le chaos dans les rues de Bruxelles ce samedi soir. Cependant, des voix s'élèvent pour dénoncer le manque de recul des forces de l'ordre.

Le syndicaliste policier Vincent Gilles a dénoncé ce lundi matin la manière dont la police a dû gérer les choses au micro de la RTBF : "Des forces en sous-capacité par rapport à l’événement ; des ordres – tant de l’autorité administrative que du responsable du service d’ordre policier – ambivalents, inadéquats, visant l’attentisme… Un ratage malheureux, en somme !"


Les sapeurs-pompiers, de leur côté, ne sont pas moins remontés. Eric Labourdette, syndicaliste des pompiers de Bruxelles, rejette les conditions dans lesquelles les secours ont dû intervenir. "Tout le monde parle des agressions envers les policiers, des dégâts sur les magasins mais on oublie qu’au milieu de tout ça, les dindons de la farce, ce sont toujours les sapeurs-pompiers ! Qui doivent intervenir en tout temps, dans tous les milieux (…) On a été appelé pour une voiture en feu. Lorsque nous sommes arrivés sur place, nous nous sommes faits agresser et on a dû dégager de là. La voiture a donc complètement brûlé parce que l’on n’a pas su intervenir. On a bénéficié d’aucune protection de la part de la police. Alors, je n’en veux pas à la police ! Ils étaient très certainement occupés. Mais on passe sous silence le fait qu’on n’ait pas pu travailler parce qu’on a manqué de protection et parce qu’on a littéralement été agressé par des bandes de sauvages."


Au micro d'RTL, le syndicaliste regrette que fait que ces faits soient passés sous silence. "Les pompiers, on en parle jamais, mais ils ont été agressés. (...) Le pare-brise est cassé, les vitres latérales ont explosé. Ils s'en sont pris à notre personnel en ouvrant les portes. Ils ont arraché tout ce qu'il y avait dans l'autopompe".

Il déplore également l'inaction des autorités. "En trente ans de service, des actes de violence, on en a connus, mais d'une telle violence, jamais. Bientôt, on va devoir intervenir avec un char d'assaut ? Il y a un laxisme de la part des autorités judiciaires qui me semble invraisemblable puisque ces événements se répètent".

Aucun des 300 casseurs n'a été arrêté pour le moment. La police a lancé un appel à la population. Elle est à la recherche de vidéos et de photos des événements leur permettant de poursuivre les fauteurs de troubles.

Philippe Close, invité d'RTL, a indiqué avoir déjà reçu beaucoup d'images de particuliers suite à cet appel et que des arrestations auront lieu prochainement.