Belgique La candidate n’est pas exclue du CDH mais ne pourra porter ses couleurs en 2018.

Difficile entrée en politique pour Opaline Meunier. La jeune femme de 24 ans ne s’attendait pas à ce que sa décision de rejoindre Mons en Mieux, la liste d’ouverture de Georges-Louis Bouchez (MR) pour les élections 2018, divise à ce point le CDH.

Dimanche soir, les humanistes annonçaient qu’ils avaient mis fin, d’un commun d’accord, à tous les titres et fonctions que cette dernière y exerçait.

Lundi matin, le cas Opaline Meunier était à nouveau discuté en interne. Le bureau du CDH a décidé de ne pas enclencher la procédure d’exclusion à son égard. Mais pas question pour elle de se revendiquer CDH ou de se présenter sous ses couleurs en 2018. "J’ai assez mal vécu la situation hier matin… Je n’étais pas conviée au bureau, je savais qu’il y aurait débat et décision mais je n’avais aucune prise sur cette dernière, aucune possibilité de me défendre", explique Opaline Meunier.

L’annonce des décisions prises en interne a finalement rassuré la jeune candidate. "Je me sens à nouveau sereine et droite dans mes bottes. Je respecterai le choix du CDH. Je ne comptais de toute façon pas me présenter en tant que candidate CDH mais en tant que candidate pour Mons en Mieux." Si Opaline Meunier assume son choix, quelques regrets sont formulés.

"Si c’était à refaire, je poserais le même choix. Mais ma façon de communiquer serait différente. Il aurait fallu que je sois plus conseillée, plus aiguillée. Je fais mes premiers pas en politique. Je n’avais pas compris à quel point accorder des interviews avant que la section locale ne se prononce était une erreur." Et d’ajouter : "Peut-être aurais-je pu être encore plus claire vis-à-vis de ma position. Mon choix était fait, il ne s’agissait pas de bluff…"

Toujours est-il que ses convictions pourraient coûter cher à Opaline Meunier, qui divise plus que jamais le parti. En interne, elle obtient le soutien de plusieurs personnalisés tandis que d’autres fustigent ce qu’ils considèrent être son ralliement à Georges-Louis Bouchez. "J’essaie de voir le meilleur en chacun et essaie donc de me dire que je n’ai pas été lâchée par mon parti, qui était bien au courant de ma démarche. Il est clair qu’il y a un problème de communication."

Étoile montante chez les humanistes, Opaline Meunier sera donc candidate face à la liste d’ouverture de la section locale, emmenée par Savine Moucheron. "La décision prise par le CDH hier matin me permet de maintenir mon engagement au CDH tout en respectant la section locale et mes convictions personnelles", a conclu l’ex-présidente de l’Unécof.

Bouchez "ne comprend pas"

Si Opaline Meunier se retrouve en délicate position, Georges-Louis Bouchez tire son épingle du jeu. "Je suis extrêmement fier d’elle : j’ai rarement vu un tel courage en politique. Cela me conforte dans l’idée que l’accueillir était le bon choix, a-t-il souligné. Je ne comprends pas la logique du CDH. Tous les points, absolument tous, du programme de Mons en Mieux avaient été acceptés, tant sur le fond que sur la forme. La confiance n’est pas rompue, mais j’espère que ce changement de cap n’est pas lié à d’éventuels accords pré-électoraux… Et d’ajouter : Je ne juge pas le CDH, mais comment peut-on annoncer vouloir du changement et de l’ouverture et, dans le même temps, fustiger et sanctionner une candidate qui applique cette volonté d’ouverture ?"