“Entretien d’évaluation en janvier”

Interview > Christian Carpentier Publié le - Mis à jour le

Belgique

Jean-Claude Marcourt détaille la refonte des études en médecine

De gros changements s’annoncent pour les étudiants en médecine qui, comme tous les élèves du supérieur, reprennent le chemin des auditoires. D’abord, parce que la durée des études de base va être ramenée à 6 ans au lieu de 7, uniformisation européenne oblige. Mais aussi parce que le ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS), prépare un test à l’entrée des études, et une session de janvier décisive.

Quand cette réforme sera-t-elle prête ?

“Je déposerai mon projet au Parlement au plus tard à la fin de cette année 2011, pour lui permettre d’entrer en vigueur dès la rentrée de septembre prochain.”

Avec désormais deux tests en 1re baccalauréat, c’est ça ?

“Non, il y aura un test obligatoire en juillet et en septembre. Il n’aura qu’une valeur indicative, permettant ensuite à l’étudiant de bénéficier de la remédiation nécessaire en fonction des lacunes qui auront été décelées.”

Qui organisera ces tests ?

“Je souhaite qu’il s’agisse d’un test homogène, commun à toutes les facultés de médecine.”

Et en janvier ?

“Il n’y aura pas de nouveau test, mais la session d’examens sera très importante. L’étudiant qui n’aura pas obtenu 10 de moyenne sera invité à un entretien d’évaluation.”

Dans quel but ?

“De faire le bilan sur ses lacunes. Et de lui proposer un choix : persévérer en médecine, mais en lui disant alors quoi faire s’il veut réussir son année, ou pouvoir encore se réorienter.”

Il pourrait donc changer d’études en cours d’année ?

“Oui, s’il le souhaite, le but étant qu’il ne perde pas cette année déjà entamée. On peut, par exemple, imaginer qu’on lui permette de s’orienter vers la pharmacie, la chimie ou les sciences biomédicales. Peut-être vers d’autres choses encore, c’est à l’examen…”

Le but, c’est de dissuader plus vite des étudiants de poursuivre leur parcours ?

“Avec la durée des études ramenée à 6 ans, on n’aura plus le temps de faire la remise à niveau qui avait lieu au 1er quadrimestre. La 1re année risque donc d’être plus sévère. Or, beaucoup de jeunes ont la capacité de réussir, mais pas toutes les bases nécessaires. D’où d’ailleurs aussi le renforcement de la remédiation, un des grands volets de la réforme.”

Par qui serait-elle faite ?

“Comme on l’a fait pour les ingénieurs, j’aimerais qu’on renforce la mobilisation des profs du secondaire pour mieux préparer les élèves de rhéto se destinant à la médecine. Pour la remédiation en 1re bac, on peut aussi imaginer des profs du secondaire venant prêter main-forte à leurs collègues du supérieur, mais aussi de passer par les assistants actuels…”

Y aura-t-il autre chose dans votre décret ?

“On réfléchit à la nécessité de limiter le nombre d’étudiants résidents étrangers. Ce sont clairement les étudiants français qui posent problème. Leur nombre est de nouveau en augmentation significative, cette année.”

Mais toujours rien sur le numerus clausus ?

“Nous allons prolonger le moratoire d’un an. Il n’y aura donc aucun concours. Je compte sur le fédéral pour élargir ou supprimer la limitation de numéros Inami.”

Elio Di Rupo s’y est-il engagé ?

“Le PS demande cet élargissement. La pénurie de médecins est bien réelle, les chiffres le montrent. Prenez les médecins urgentistes. Il y en a 1.300 ou 1.400 prévus au cadre, et il en manque près de 50 % !”



© La Dernière Heure 2011
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