Eurovision: ils nous ont fait rêver

Eddy Przybylski Publié le - Mis à jour le

Belgique Urban Trad: un retour triomphal

ZAVENTEM «Bravo Toutie! Urban Trad n°1, Wij zijn gek of Urban Trad...» Il y avait des calicots dans les deux langues et plusieurs centaines de personnes, hier, à Zaventem, au retour du groupe qui fut à deux doigts - et plus exactement à deux points - de nous ramener un deuxième succès de l'Eurovision.

Dans la foule, il y avait Sylvie, la soeur d'Yves Barbieux, le leader du groupe. Les parents Barbieux, eux, étaient du voyage à Riga, qu'ils ont prolongé par quelques jours de vacances. A Zaventem, il y avait aussi les trois membres du groupe qui n'ont pas pris le départ puisque le règlement de l'Eurovision limite à six le nombre d'artistes admis.

Les enfants agitaient des petits drapeaux nationaux. Les grands portaient des casquettes ou des chapeaux tricolores à clochettes. Certains reprenaient la chanson dont - c'est extraordinaire - ils connaissaient le texte par coeur.

Le premier à être sorti fut Pierre Meyer, le directeur des services Jeux et variétés pour la télévision, à la RTBF. Il lui revient d'immenses mérites car c'est lui qui, en premier, y a cru et a défendu l'idée d'emmener à Riga un groupe dont il faut bien dire qu'il s'inscrit peu dans l'image de l'Eurovision. Pierre Meyer avait tout pour être heureux. A la vérité, il était de fort méchante humeur. «Comment peut-on dire que ce qui est arrivé à la Belgique est affreux? Tout est merveilleux. Il n'y a que la presse francophone pour penser ça.»

Yves Barbieux, lui, aurait tout donné pour échapper aux photographes et aux journalistes. Mais pour des raisons autres: il avait hâte d'embrasser ses amis et sa famille. En même temps, il y avait tant de bonheur dans sa voix: «C'est incroyable! D'autant que nous avions appris que les pronostiqueurs ne donnaient pas cher de notre peau. Hier, à Riga, j'ai été gentiment engueulé par un parieur qui m'a raconté que, pour deux points, il perdait une petite fortune car il nous avait joué à 75 contre 1».

Yves Barbieux a expliqué qu'au moment de monter sur scène, le groupe se sentait étrangement calme: «Nous avions participé à quatre répétitions, organisées par une équipe vraiment très professionnelle. Samedi, lorsque notre tour est arrivé, il nous suffisait de refaire la même chose que les quatre premières fois et, dans le contexte, on ne pense pas aux 200 millions de téléspectateurs. Ce qui est étonnant, c'est que tout ça se passe très vite».

Chocolat belge pour gagnante turque

Puis, il y a eu les votes et ces fameux douze points d'avance à deux jurys de la fin: «Franchement, je ne pensais à rien. Je me suis dit: Peut-être, mais peut-être pas. Je sais qu'on a du mal à me croire, mais je crois sincèrement que la deuxième place nous convient mieux. Le gagnant attire l'attention des médias pour sa première place plus que pour sa musique. Notre résultat doit surtout poser des questions. Qui regarde l'Eurovision? Ce public à qui on a pris l'habitude de donner, sur les ondes, des musiques commerciales et formatées. Il me semble que ces gens ont exprimé leur envie d'entendre aussi de la musique différente, de vraies mélodies. Si, par ce résultat, nous pouvions relever le folk, ce serait génial».

Sur place, Urban Trad a prouvé que le groupe était bon perdant. Quelques minutes après le verdict, ils offraient à la grande triomphatrice, Sertab Eremer, une boîte de chocolats belges.

Après, ce fut l' after party, traditionnelle fête de l'après-Eurovision. Que les Belges ont quittée pour célébrer ensemble leur seconde place, au Reval Hotel, où ils logeaient.

Pour tout dire, Yves Barbieux n'a pas dormi du tout car, vers 10 h, on commençait à préparer les bagages. A Zaventem, les trois filles - y compris Soetkin - ont repris la chanson a capella. Désormais réunies à nouveau. Comme elles le seront pour les prochains rendez-vous de Urban Trad: mercredi sur la Grand Place d'Anvers au profit d'Amnesty International et le 31 à Tournai.

Ils y ont cru jusqu'à la fin

Ambiance de feu dans le village d'Yves Barbieux

FRASNES-LEZ-GOSSELIES Les Bonvillersois et amis d'Yves Barbieux, leader du groupe Urban Trad, se sont réunis samedi soir pour célébrer sa fantastique performance. Pour l'occasion, les proches d'Yves Barbieux, l'enfant chéri du pays, avaient en collaboration avec les forces vives de l'entité mis sur pied une petite fête. Tout le concours Eurovision a été retransmis sur écran géant dans la grande salle du complexe sportif communal.

Ainsi 250 personnes ont pris part au repas. Et au fil de la soirée, les fans d'Urban Trad ont afflué pour atteindre finalement le nombre de 450 à 500 personnes présentes. Pour la plupart, elles connaissaient Yves qui est originaire de Villers-Perwin. Certains étaient des fans du groupe Urban Trad. Et, d'autres sont tout simplement venus faire la fête avec leurs amis.

Mais, tous se sont élevés d'une même voix pour acclamer la performance d'Urban Trad. Ainsi tous étaient coiffés d'un chapeau aux couleurs de la Belgique. Vers 22 h 30, lors du passage d'Yves, tous se sont levés, ont commencé à frapper dans les mains, à chanter et à danser. À la fin de la chanson, tous étaient ravis de la prestation d'Yves et de son groupe. Dans la famille, on pouvait assister à des accolades et autres embrassades. Sylvie et Cécile sont fières de leur frère qui pourtant, il y a quelques années, les ennuyait avec son orgue Bontempi. Sylvie avait d'ailleurs les yeux pétillants après le passage sur scène de son frère et d'Urban Trad: «C'est encore mieux que ce que l'on espérait. Le groupe est super à l'aise sur scène. Ils ont fait une très bonne prestation. Ce sont les meilleurs».

Olivier Wart, beau-frère d'Yves et organisateur de la fête, à ce moment de la soirée pressentait Urban Trad dans le trio de tête: «Ils ont assuré comme des bêtes sur scène. Ils sont rodés. Nous vivons une superbe soirée. L'ambiance est formidable. J'espère que nous serons dans le trio de tête et surtout, j'aimerais que David, Urban Trad, supplante Goliath, tATu».

Mission accomplie. Les cris de joie fusaient durant les points. Peu après minuit, le terrible verdict est tombé. Mais, la fête a continué jusqu'à 4 h du matin.




© La Dernière Heure 2003

Eddy Przybylski

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