Belgique

Pendant un an, de novembre 2015 à octobre 2016, l’ASBL Navetteurs.be a récolté les données de 135 trains et 34.204 trajets pour mesurer la ponctualité sur le rail en heures de pointe. Le résultat est loin d’être mirobolant : un train sur deux est en retard.

Certains trajets se portent mieux que d’autres. Dinant-Bruxelles décroche la première place avec 76,05 % de trains arrivés à l’heure. Viennent ensuite les trajets effectués sur la dorsale wallonne et ceux entre Charleroi et Bruxelles avec un score ponctuel respectif de 74,06 % et 67,19 %. Les trajets vers Bruxelles depuis Liège, Tournai et Arlon/Namur se rapprochent de la barre fatidique des 50 %. Les trajets cumulant le plus de retards sont ceux entre Mons et Bruxelles (48,41 %) et Binche et Bruxelles (47,80 %).

La ponctualité générale (59 %) varie de mois en mois, avec un pic en mai-juin, dû aux grèves sauvages qui ont paralysé le rail pendant plusieurs jours. Selon ces chiffres, c’est toutefois la ligne Binche-Bruxelles qui a littéralement touché le fond en octobre dernier avec un taux de ponctualité se chiffrant à 28,74 %. "Les retards ont empiré ces dernières semaines", affirme Gianni Tabbone.

Pour obtenir ces résultats, Navetteurs.be a comptabilisé les retards de huit trajets effectués sur les grands axes en Wallonie, matin et soir, vers et depuis la capitale. Une méthodologie critiquée par les autres acteurs des chemins de fer, qui estiment que les résultats sont biaisés. Pour rappel, les statistiques officielles (Infrabel et SNCB, répondent à une méthodologie définie par leur contrat de gestion) affichent, elles, un taux de ponctualité avoisinant les 90 %.

Depuis plus de 10 mois, l’ASBL a lancé plusieurs appels - d’abord à Jacqueline Galant puis à François Bellot, ex et actuel ministre de la Mobilité, ainsi qu’à la SNCB et à Infrabel - pour obtenir le détail des statistiques officielles, sans succès. Des réunions ont également été menées en ce sens, elles aussi, sans succès. "Certes, notre méthode est différente car ils ne se concentrent que sur une partie des trains, en heures de pointe, c’est-à-dire ceux qui ont l’impact le plus important sur les usagers en cas de retard", décrypte Gianni Tabbone, anticipant la critique.

Le but de Navetteurs.be ? "Il ne s’agit pas de taper sur l’un ou l’autre. Il s’agit de rendre compte de la gravité de la situation. Les retards le matin posent surtout des problèmes au travail. Le soir, c’est le côté familial, les enfants à la crèche, les rendez-vous chez le médecin, les activités sportives, etc., qui prennent un coup. On nous martèle avec le covoiturage, la COP21, COP22. On nous dit qu’il faut prendre les transports en commun. Mais si on ne donne pas les moyens derrière, la SNCB ne peut pas suivre la danse ! Le politique doit tenir ses promesses électorales!", conclut-il, pointant pour responsables directs des retards la "machine SNCB" et, surtout, le pouvoir politique.

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