Belgique

Le seul et même réseau est à l’origine des attentats de Paris et Bruxelles.

En décapitant une partie de la cellule lors de l’opération de Forest et l’arrestation de Salah Abdeslam et son complice Choukri à Molenbeek, les enquêteurs ont peut-être permis d’éviter le pire. En frappant ce coup, les autorités ont forcé la cellule à l’origine des attentats de Bruxelles à accélérer son action et se détourner de ses cibles premières. Parmi lesquels le système nucléaire belge.

Selon les informations de La DH, les deux personnes qui ont récupéré la caméra cachée devant le domicile du directeur du programme de recherche et développement nucléaire belge n’étaient autres que les frères Ibrahim et Khalid El Bakraoui.

La vidéo avait été récupérée par les deux hommes, très peu de temps après les attentats de Paris, montrant ainsi toute l’étendue des connexions entre France, Belgique et Syrie.

Cet enregistrement d’une dizaine d’heures avait été saisi en décembre dernier chez l’un des suspects des attentats de Paris, Mohamed Bakkali, défendu par Me Sébastien Courtoy et Virginie Taelman. On y voyait les allées et venues du boss du nucléaire belge. Après la saisie de la vidéo, les enquêteurs n’avaient compris que plus tard que la cible des terroristes était susceptible de mettre en péril la sécurité nationale comme jamais auparavant.

A la suite de la divulgation de cette information, le 17 février dernier, 140 militaires avaient été postés au pied des centrales nucléaires du pays pour en assurer la sécurité. On peut se demander si cela n’a pas conduit les terroristes à changer leurs plans et à se concentrer sur des cibles plus “faciles”, comme une station de métro ou un aéroport.

Au surlendemain de la double attaque qui a endeuillé Bruxelles, l’enquête permet de camper une certitude: une seule et même cellule terroriste a perpétré les attentats de Paris et de Bruxelles. Il s’agit d’un réseau orchestré par de jeunes Belges, dont la plupart sont partis en Syrie où ils ont appris le maniement des armes et des explosifs.

Najim Laachraoui, de Schaerbeek, et les frères Ibrahim et Khalid El Bakraoui, de Laeken, sont les auteurs du pire attentat de l’histoire du pays. Ils ont été formellement identifiés par le parquet fédéral. Laachraoui et Ibrahim ont actionné leur détonateur à Zaventem. Khalid est le responsable du carnage dans la station de métro de Maelbeek, au coeur du quartier européen.

Le bilan actualisé hier soir dans un communiqué de la ministre de la Santé publique est de 31 morts et 300 blessés dont 61 en soins intensifs. 4 blessés sont encore non identifiés.

Les trois kamikazes sont des suspects qui étaient depuis des mois dans le collimateur des enquêteurs à la suite des attentats du 13 novembre.

“On savait que cela allait arriver. Ils ont sans doute précipité leurs opérations parce qu’ils se sont sentis sous pression. Même si l’on est pas parvenu à éviter ces attentats, on peut se dire que leur ampleur aurait pu être beaucoup plus grande si les terroristes avaient pu mettre à exécution leur plan comme ils l’avaient prévu initialement et qu'ils n'avaient pas opté pour des cibles plus faciles”, estime une source policière.

Les autres membres présumés de la cellule, Mohamed Belkaïd, Salah Abdeslam et Ahmed Choukri ont pu être stoppé avant les faits, permettant aux autorités de mettre la main sur les deux derniers, vivants.

Hier, au moins un homme était encore en fuite. Il s’agit de de l'individu aperçu sur une image de vidéosurveillance de l'aéroport de Zaventem, diffusé par la police fédérale. Il se trouvait à droite, sur le cliché, portant un chapeau et des lunettes fumées. Au centre, on retrouve Ibrahim El Bakraoui et à gauche, Najim Laachraoui. Son nom n’avait pas filtré hier et le parquet fédéral a indiqué, en journée, qu’il n’avait pas été identifié.

Un autre élément d’importance a été mis au jour hier par les enquêteurs : la présence d’un “testament” retrouvé dans un ordinateur laissé à l’abandon dans une poubelle. Dans cet élément, dont des extraits ont été révélés par le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw, Ibrahim El Bakraoui s’est raconté. Il y affirme se trouver “dans la précipitation”, “ne plus savoir quoi faire”, “ne plus être en sécurité”. L’homme dit être “recherché partout”. Le document précise aussi : “S’ils s’éternisent, ils risquent de terminer à côté de lui dans une cellule”. Probablement en référence à l’arrestation de Salah Abdeslam, capturé vendredi à Molenbeek et écroué à la prison de Bruges.

Par ailleurs, hier matin, un homme a été interpellé à son domicile anderlechtois, non loin du parc de Busselenberg par les Unités spéciales de la police fédérale. Pris un moment pour Laachraoui, l’homme s’avère être un certain Oussama A., selon les informations de La DH. On ignorait encore hier soir son rôle éventuel dans l’enquête mais il aurait été relâché dans le courant de la journée.

Enfin, les kamikazes avaient commandé une camionnette à la société de taxi qui devait les mener à l’aéroport. Mais ils n’ont reçu qu’une berline et n’ont pu charger le 4e sac qui contenait du TATP prêt à l’emploi.