Belgique

Fedasil a refusé l'accueil à une famille avec deux jeunes enfants, ce qui est illégal, dénonce lundi Orbit, une ASBL flamande de soutien aux réfugiés. L'association demande impérativement à l'agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile de se conformer à la loi, en tenant compte des situations particulières. Il y a deux semaines, Fedasil a refusé à une famille avec deux enfants de un et cinq ans de séjourner dans un centre d'accueil, a appris Orbit. La famille venait d'introduire une deuxième demande d'asile.

Lors de multiples demandes d'asile, Fedasil a le droit de refuser l'hébergement. Le but est de décourager les demandes abusives. Mais un tel refus doit toujours être motivé dans une décision individuelle, qui tient compte des vulnérabilités éventuelles et, le cas échéant, de l'intérêt supérieur de l'enfant. En l'occurrence, l'intérêt des enfants n'a pas été considéré, s'indigne Orbit.

A la rue, la famille a pu se mettre en contact avec l'association, qui a sollicité un avocat et interpellé le Commissariat aux droits de l'enfant de la Communauté flamande ainsi que le Médiateur fédéral. Ce dernier a écrit à Fedasil, qui est finalement revenue sur sa décision le 17 novembre dernier.

La famille a encore dû attendre la fin du week-end pour pouvoir se rendre, ce lundi, au centre de dispatching de Fedasil. Entre temps, "durant 16 jours, les citoyens ont assumé la responsabilité des autorités". Et ce cas de figure est loin d'être isolé, selon Orbit, qui a déjà mis ce problème en lumière avec le réseau Vuchtelingenwerk Vlaanderen.

"Nous avons plusieurs exemples de familles qui ont été envoyées à la rue", s'inquiète en effet l'ASBL alors que l'on célèbre ce lundi la journée internationale des droits de l'enfant. Et pour chaque cas qui lui parvient, beaucoup d'autres échappent à l'aide des associations et plateformes citoyennes, suppose-t-elle.

Fedasil, de son côté, se garde de commenter le dossier. "Nous ne pouvons pas faire de commentaire sur des cas individuels en raison de la protection de la vie privée", déclare Mieke Candaele, porte-parole de l'agence. "L'agence a le droit légal de ne pas prendre en charge les personnes dont le Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides (CGRA) est toujours en train d'analyser s'il va examiner la deuxième demande d'asile. Des exceptions sont possibles pour les personnes vulnérables. Nous pouvons revoir une décision", précise-t-elle encore.